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Page:Revue des Deux Mondes - 1874 - tome 1.djvu/552

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des petits de dimensions exiguës, à marche relativement rapide, qui, se portant vers le haut des pampres, et, piquant chacun un point d’une feuille naissante, déterminaient par cette piqûre la formation d’une galle nouvelle, où ils s’enfermaient pour y parcourir les mêmes phases d’évolution que leur mère.

Comparant sans doute ces galles aux vessies des feuilles de l’orme aux bourses des feuilles du peuplier, qu’habitent des pucerons nommés pemphigus, M. Fitch baptisa pemphigus vitifoliœ le nouvel insecte de la vigne. Il n’y vit d’ailleurs qu’un objet de curiosité scientifique, car les déformations produites ainsi sur quelques feuilles d’un arbuste plein de vigueur ne pouvaient donner l’idée d’un dommage sérieux. Bientôt cependant deux autres « entomologistes d’état, » feu Benjamin Walsh et Charles Riley, retrouvant le pemphigus d’Asa Fitch, en firent mention comme d’un insecte nuisible. De son côté, le docteur Henri Shimer, découvrant les mêmes galles et le même insecte, cette fois avec un individu pourvu d’ailes qu’il supposait être le mâle, en publiait en 1867 une description minutieuse, et, le séparant avec raison des pemphigus, l’appelait dactylosphœra vitifoliœ. Dans l’intervalle, le prétendu pemphigus était signalé de l’autre côté de l’Atlantique, dans des serres à raisins (graperies) de Hammersmith, près de Londres (1863), et de quelques points de l’Angleterre et de l’Irlande (1867-1868). Étudié par le célèbre entomologiste Westwood, cet insecte, réputé nouveau, reçut le nom de peritymbia vitisana. Notons que M. Westwood sut voir l’insecte sous une forme nouvelle, l’ayant trouvé à la fois sur les feuilles, dans les galles et sur les racines à l’état de suceur souterrain ; mais cette observation ne fut publiée qu’en 1869, à la suite de la découverte du phylloxéra dans le midi de la France.

Quelques années avant cette date, un mal inconnu minait certains vignobles des deux côtés du Bas-Rhône ; à Pujault, dans le Gard, on avait vaguement entrevu ce mal dès 1863 ; en 1867, il avait pris de telles proportions que, dans le Comtat, dans la Crau (Bouches-du-Rhône), sur les Alpines, aux environs de Tarascon, l’effroi des vignerons devint général. C’est alors qu’un vétérinaire d’Arles, M. Delorme, en fit connaître les caractères extérieurs sans en pressentir la vraie cause. Toujours disposés à rattacher les faits nouveaux des faits connus, les paysans de Vaucluse appelèrent ce mal le blanquet ou pourridié, le confondant avec une maladie de la vigne qui se développe chez les ceps plantés sur défrichement de chêne ; mais, si les racines pourrissent dans ce dernier cas, c’est sous l’action d’un mycélium spongieux d’une odeur de champignon caractéristique : la pourriture des racines provoquée par le phyl-