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Page:Revue des Deux Mondes - 1874 - tome 1.djvu/550

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LE PHYLLOXÉRA
en europe et en amérique

I.
l’origine du phylloxéra, ses ratages et les moyens de le combattre.



De tout temps, les relations établies entre les peuples par la conquête, le commerce, les explorations scientifiques, ont amené l’introduction réciproque de végétaux et d’animaux utiles ou nuisibles. Dans l’antiquité, le courant principal de ces échanges allait, comme la civilisation elle-même, d’Orient en Occident, de la vieille Asie vers l’Europe d’abord barbare et bientôt à son tour conquérante et civilisatrice. Au moyen âge, ce mouvement se poursuit dans le même sens par les Arabes, les croisades et le commerce de la Méditerranée ; il s’étend, dans les temps modernes, vers le Nouveau-Monde, dont les régions tempérées reçoivent à la fois nos céréales, nos arbres fruitiers, nos animaux domestiques, tous les produits de longs siècles d’efforts et d’expériences d’une série de civilisations successives. En retour, l’Amérique nous donne la pomme de terre, le maïs, le topinambour, la patate, le tabac, le cochon d’Inde, le coq d’Inde, la cochenille, bien moins en somme qu’elle n’a reçu de nous.

Cette inégalité dans l’échange entre les deux mondes est moins accusée à l’égard des produits nuisibles. Si les mauvaises herbes de nos cultures s’importent trop naturellement dans les régions de l’Amérique où le climat leur est propice, si notre cardon épineux envahit les immenses pampas de la Plata, si nos chiendens, nos orties,