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Page:Revue des Deux Mondes - 1874 - tome 1.djvu/449

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complétement du bord lumineux. C’est le moment du premier contact interne. Quelques heures plus tard, la tache noire, qui a diminué lentement sur le disque radieux, s’approche du bord opposé, on observe le deuxième contact interne ; puis elle sort peu à peu comme elle était entrée. L’instant où la planète touche le bord du soleil et celui où elle l’abandonne complétement ne peuvent être notés d’une manière précise ; malheureusement les contacts internes mêmes sont plus ou moins incertains. En effet, quelques secondes avant de se détacher du bord solaire, la tache obscure semble s’allonger comme si elle était accrochée, retenue au bord : il se forme un ligament noir ; puis ce ligament se rompt tout à coup et un filet de lumière jaillit entre le disque noir et le bord solaire. De même avant le deuxième contact interne une goutte noire se forme subitement entre le bord de Vénus et celui du soleil ; ce point noir diminue et disparaît enfin quand les bords semblent se toucher. Ces circonstances sont nettement indiquées par l’abbé Chappe, le père Hell et quelques autres astronomes ; mais tous ne les ont pas notées, et l’on ne sait alors comment interpréter les observations. On ne saurait même dire laquelle des diverses phases qui viennent d’être décrites représente vraiment l’instant du contact. De là des incertitudes de 20 et de 30 secondes, qui expliquent pourquoi les résultats obtenus par le calcul des observations de 1769 sont si discordans.

En 1824, l’astronome allemand Encke entreprit une discussion approfondie de tous les matériaux relatifs au passage de 1769 ; il crut pouvoir fixer définitivement la valeur de la parallaxe solaire à 8″,57, et ce nombre, qui s’accordait avec le résultat trouvé par Delambre, passa dans tous les traités d’astronomie. Ce qui a départagé les astronomes et fait prévaloir jusque dans ces derniers temps une valeur erronée de la parallaxe solaire, c’est qu’elle s’accordait fortuitement avec celle que Laplace et Burg avaient obtenue par une voie tout à fait différente, en se fondant sur une certaine inégalité du mouvement de la lune.

Mais le problème ne devait pas tarder à changer d’aspect. Les géomètres, creusant de plus en plus la théorie de la gravitation, avaient perfectionné les tables des mouvemens planétaires en même temps que les procédés d’observation étaient devenus plus rigoureux, plus délicats. M. Le Verrier, en déterminant avec une précision admirable les mouvemens de la Terre, de Vénus, de Mars, reconnut qu’il était nécessaire d’augmenter d’un trentième la parallaxe du soleil adoptée sur la foi des calculs de M. Encke. M. Hansen était arrivé au même résultat par sa théorie nouvelle de la lune. La confiance tenace des astronomes dans la fausse parallaxe commençait à fléchir sous le coup de tant de preuves accumulées quand Léon