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L’ÉDUCATION CLASSIQUE
ET
LES EXERCICES SCOLAIRES

LE DISCOURS.

L’institution universitaire de 1808, c’est-à-dire l’idée de centraliser entre les mains d’une université unique l’éducation de la jeunesse, a été de tout temps violemment attaquée. Elle a résisté à toutes les attaques et traversé toutes les crises. Nul ennemi de l’institution arrivé au pouvoir ne s’est trouvé assez puissant ou assez hardi pour la renverser. Une seule fois la centralisation en matière d’enseignement a été définitivement abolie chez nous, mais sur le papier. Après la première rentrée des Bourbons, une ordonnance royale, en date du 17 février 1815, prononça la déchéance de l’Université impériale et de son grand-maître, et elle édicta la création de dix-sept universités provinciales indépendantes les unes des autres. Cette ordonnance fut insérée au Bulletin des lois, d’où elle n’est jamais sortie. Les cent-jours survinrent avant qu’elle fût appliquée. Une fois rétabli sur son trône, Louis XVIII se tint pour trop heureux de pouvoir attribuer au hasard du débarquement à Cannes l’inanité de son ordonnance. Non-seulement l’institution universitaire subsista en France, mais encore la centralisation de l’enseignement secondaire, qui en est le trait capital, s’est peu à peu introduite et acclimatée en d’autres pays, notamment dans la plupart des états de l’Allemagne, où cependant l’on affecte encore aujourd’hui de considérer le décret de 1808 comme un monument prodigieux de despotisme. L’institution universitaire est bonne ou mau-