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Page:Revue des Deux Mondes - 1872 - tome 101.djvu/969

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deuse de fleurs, sons lequel personne ne m’a reconnue... » — « 31 janvier. — Il y a en ce soir bal masqué chez le comte de Fürstenstein... Nous avons dansé un quadrille tiré des bayadères. Nos costumes nous allaient parfaitement bien... Je me suis trouvée mal pendant le souper... » — « Nous avons été déjeuner au Pas. Le soir, nous avons eu concert et spectacle sur le petit théâtre. » — « il y a eu spectacle dans les petits appartemens. » — « J’ai visité la mine de Franckenheimer... Mes dames et moi, nous étions habillées en mineurs, ce qui avait l’air très drôle. » — « La veille du nouvel an, nous avens fait toutes les folies imaginables, entre autres celle de faire chercher une bague en or dans un grand plat à farine; il est presque impossible de la trouver avec la bouche. »


Franchement ce n’est guère la peine de rédiger « l’histoire de sa vie » pour dire qu’un tel jour on a entendu « Mlle Lenghy, fameuse harpiste italienne, » et que tel autre jour on a a fait la plaisanterie de faire couper à trois de ses dames leurs cheveux d’après la nouvelle mode. » Pourtant lorsqu’en 1812 Jérôme, en partant pour l’armée, lui a confié la régence de Westphalie, dans sa correspondance avec lui elle parle assez pertinemment des ventes de domaines, de la dette publique, des fournitures de l’armée, mais sans aucune espèce de goût et par pur dévoûment pour son mari.

La cour de Westphalie, on l’a vu, était brillante et animée, mais ruineuse pour la liste civile et pour le royaume. Jérôme voulut avoir un grand-maréchal, deux préfets et trois maréchaux de palais, un grand-chambellan et une dizaine de chambellans, un grand-maître des cérémonies et sept ou huit maîtres ou aides des cérémonies, un maître de la chapelle, un directeur des concerts, un gouverneur des pages, une douzaine d’aides-de-camp, quantité d’écuyers, un grand-aumônier, qui était un très haut baron et avait le titre d’évêque, un grand-veneur avec tout le personnel des grandes chasses, etc. Pour la maison de la reine, il avait voulu une grande-maîtresse des dames du palais, des chambellans, des écuyers d’honneur, etc. Jérôme et Catherine ne furent pas toujours heureux dans le choix de leurs intimes; c’est un chambellan du roi, Dœrnberg, qui se révolta contre lui en 1809; c’est un écuyer d’honneur de la reine, Maubreuil, qui lui enleva ses diamans en 1813. Il se fit là une nouvelle expérience de ce que peut apporter de force à un état le dévoûment d’une domesticité de nobles.


VI.

En 1812, à la veille de l’expédition de Russie, le royaume de Westphalie, à part sa persistante détresse financière, se trouvait à