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Page:Revue des Deux Mondes - 1872 - tome 101.djvu/571

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Il y avait là tout un développement dont les élémens étaient encore nouveaux, et ne demandait qu’à se continuer de lui-même. Sans sortir des voies maintenant tracées, en se bornant à suivre l’impulsion des dernières années, il y avait d’immenses progrès à réaliser. Il suffisait donc au nouveau pouvoir exécutif de faciliter un travail qui devait se faire en quelque sorte spontanément. Il n’avait pas d’impulsion puissante à donner, il n’avait qu’à écarter délicatement les obstacles que chacun pouvait rencontrer sur sa route.

Le bureau international a entrepris cette œuvre avec la simplicité et le naturel qui distinguent l’esprit helvétique. L’association télégraphique peut reconnaître dès maintenant qu’elle ne pouvait mieux faire que de confier à la Suisse la conduite de ses intérêts. Aux termes de la convention, le bureau international doit fournir annuellement un compte de gestion; il a publié en conséquence, à la date du 12 novembre 1871, le résumé de ses travaux. Ce document fait ressortir les services modestes, mais incontestables, qu’il a rendus. Son action s’est manifestée dans une série de détails qui ne sont pas susceptibles d’un exposé brillant, mais qui n’en ont pas moins une sérieuse importance. Consulté de plus en plus par les différens offices sur l’interprétation des articles de la convention, il a répondu aux questions ainsi posées, tantôt après avoir pris l’avis des divers intéressés, tantôt en opinant de son propre chef; ses réponses ont toujours témoigné d’un intelligent désir d’aplanir les difficultés.

C’est encore une obligation imposée au bureau international que de publier en français un journal télégraphique. Le premier numéro de ce journal a paru le 25 novembre 1869, et la publication se continue par cahiers mensuels. On conçoit ce que peut être un pareil document. Il s’agit de porter à la connaissance des offices télégraphiques tous les détails techniques ou administratifs qui peuvent les intéresser. Le journal de Berne remplit ce programme avec un soin scrupuleux. La statistique en fait le fond. Une question a-t-elle été proposée et traitée par un grand nombre d’offices, le journal enregistre à la suite l’une de l’autre toutes les solutions qui lui sont envoyées, sans intervenir, sans élaguer ce qui est inutile, sans signaler ce qu’il importe de mettre en relief.

Tout en bornant son rôle, le bureau international a su le rendre efficace. S’il eût voulu se donner plus d’influence, s’il eût pris des allures de puissance directrice, il eût sans doute éveillé des susceptibilités et compromis son existence, au grand détriment de l’entente générale. La simplicité de son attitude a servi au contraire la cause de l’union européenne. Cette modestie se traduit par l’exiguïté même de son personnel et la modicité de ses dépenses. Avec