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Page:Revue des Deux Mondes - 1872 - tome 101.djvu/387

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ches sur son réseau et à publier tous les documens relatifs à son administration intérieure; mais ces divers élémens n’étaient pas centralisés; chacun conservait le soin de les envoyer à qui de droit, ainsi qu’il avait été pratiqué jusque-là pour les pièces analogues. On fit cependant une exception. L’administration française fut expressément désignée par un article spécial pour dresser et publier périodiquement une carte officielle des relations télégraphiques embrassant l’ensemble du réseau international. La France devait sans doute cette mission exceptionnelle à la publication d’une carte du réseau français qui venait de sortir des ateliers de l’imprimerie impériale et qui, figurant sous des couleurs vives et variées les conducteurs télégraphiques de différente nature, avait probablement séduit les délégués par son aspect élégant.

Ici nous devons dire que la conférence de Paris, si elle eût adopté les vues de l’administration française, eût fait un pas bien plus décisif vers l’établissement d’une véritable hégémonie. Le projet français contenait le germe d’une institution qui, momentanément ajournée, fut reprise plus tard à Vienne sous le nom de bureau international. Aux termes du projet, il y aurait eu une commission composée des délégués de chacune des administrations et qui eût été chargée de « dresser la carte complète des réseaux, publier des tarifs communs et procéder à toutes les études d’utilité générale. » Elle eût fonctionné dans la capitale de l’état où la dernière conférence aurait été tenue et sous la direction du chef de l’administration télégraphique de cet état. On objecta, — ce fut le délégué suédois, — que les travaux d’utilité commune qui pouvaient se placer entre deux conférences n’étaient pas assez considérables pour motiver la réunion permanente de tant de délégués. C’était là une raison valable; mais il était facile de répondre que l’on pouvait limiter le nombre des délégués, plusieurs nations pouvant s’entendre pour confier un mandat commun à un seul agent; la commission pouvait donc se réduire à un aussi petit nombre de personnes qu’il serait jugé nécessaire dans la pratique. En fait la proposition fut écartée sans grande discussion, et les délégués français, par un motif facile à comprendre, n’insistèrent pas sur leur projet. Comme la conférence se tenait à Paris et que les habitudes du passé semblaient ainsi assigner à la France l’espèce d’hégémonie dont il était question, ils craignirent qu’on ne les soupçonnât de vouloir se mettre au premier rang. C’est là sans doute la principale raison pour laquelle fut ajournée l’institution projetée et pour laquelle on se borna aux demi-mesures.

L’Europe entière, ou bien peu s’en faut, avait pris part à la convention. Il fallait cependant prévoir les adhésions qui pourraient se