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Page:Revue des Deux Mondes - 1872 - tome 101.djvu/377

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comme on sait, un appareil qui trace des points et des barres sur une bande de papier.

Le titre second du projet embrassait les diverses dispositions relatives à la nature des correspondances, à la rédaction, à la transmission et à la remise des dépêches. On admit que les dépêches pouvaient être rédigées en l’une quelconque des langues employées sur le territoire des états contractans; chaque état cependant devait indiquer, parmi les idiomes usités sur son territoire, ceux qui seraient admis à la correspondance internationale; ainsi devaient se trouver écartés les dialectes trop restreints ou ceux qui sont exclus par des raisons politiques.

La discussion assura aux langues germaniques un genre d’avantage dont elles jouissaient déjà. Ces langues, formant en toute liberté des mots composés et construisant ainsi des vocables d’une interminable longueur, font tenir dans le cadre d’une dépêche de vingt mots plus de matière que les langues moins privilégiées. Ainsi l’allemand exprime par le seul mot Rheinneckardampfschiffahrt-gesellschaft, ce que nous ne pouvons traduire qu’en disant : compagnie de la navigation par bateaux à vapeur sur le Rhin et le Neckar. L’Allemand dira Oberappellationsgerichtsrath, quand il nous faut dire conseiller à la cour supérieure d’appel. On pourrait citer des mots bien plus longs, car il n’y a pour ainsi dire pas de limite à ces agrégations, et la fantaisie peut s’y donner carrière. Depuis longtemps déjà, pour racheter jusqu’à un certain point le désavantage des idiomes latins, les traités avaient fixé à sept syllabes le maximum des mots, et spécifiaient que l’excédant serait compté pour un mot nouveau. Le projet français réduisait le maximum à six syllabes. C’était encore laisser une marge assez grande aux mots composés ; mais la commission refusa d’admettre cette restriction, et maintint au grand profit des Allemands la limite de sept syllabes usitée jusque-là.

Un des principes proposés par la conférence fut encore l’emploi du langage secret. On admit pour le public le droit de rédiger ses correspondances soit en chiffres, soit en lettres. Chaque état se réserva pourtant de faire encore à cet égard une déclaration explicite et de suspendre, dès qu’il le jugerait convenable, ce mode de correspondance. En fait, l’Autriche et l’Espagne sont les seules puissances qui aient profité jusqu’ici de cette réserve pour écarter d’une façon permanente l’emploi du langage secret.

Une des mesures qui donna lieu à la discussion la plus longue fut la remise des dépêches hors des localités desservies par les bureaux télégraphiques. Il n’y a de bureau que dans les villes d’une certaine importance. A la rigueur, le service peut se borner aux dépêches