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Page:Revue des Deux Mondes - 1872 - tome 101.djvu/367

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qui suivent, de nouvelles ratifications portent à vingt-deux le nombre des gouvernemens adhérens; on a vu dans la dernière guerre l’efficacité d’une institution qui portait en quelque sorte au milieu des belligérans le drapeau international de l’humanité. Nous ne parlerons pas de l’arbitrage qui se poursuit en ce moment au sujet de l’Alabama, et nous mentionnerons seulement en passant tous ces congrès où des délégués volontaires viennent discuter périodiquement, dans les principales villes de l’Europe, les grands problèmes de la géologie, de l’anthropologie, de l’archéologie, voire de la statistique et des sciences sociales. Ce sont là autant de brins du faisceau que forment peu à peu en se réunissant les intérêts des nations européennes. Pour aujourd’hui, nous voulons choisir dans ce faisceau, bien faible et bien mince encore, un sujet particulier d’étude, un exemple qui peut offrir un précieux enseignement. Sur aucune des questions qui ont provoqué ces délibérations internationales, l’accord ne s’est établi d’une façon aussi complète et aussi rapide que sur les règles du service télégraphique. L’attention publique, sans cesse attirée par des phénomènes plus spécieux et plus bruyans, a négligé jusqu’ici les résultats modestes, mais solides, qui ont été obtenus de ce côté. L’immense réseau de fils métalliques qui embrasse l’Europe, et qui atteint par des câbles sous-marins toutes les autres parties du monde, fonctionne maintenant sous l’autorité d’un véritable syndicat établi entre les administrations des divers pays. Des conférences internationales, dont la dernière a eu lieu à Rome dans les mois de décembre 1871 et de janvier 1872, règlent périodiquement les principes de cette exploitation syndicale.

Quand nous disons qu’un accord complet s’est rapidement établi entre les nations au sujet du service télégraphique, nous parlons seulement par comparaison. Les résultats acquis peuvent être regardés comme satisfaisans, si l’on considère les prodigieux embarras qui s’opposent à toute entente internationale. Si l’on se plaçait à un point de vue plus absolu, on pourrait trouver qu’il a été fait encore bien peu de chose, et que ce peu n’a été obtenu qu’au milieu d’hésitations et de tâtonnemens de tout genre. Aussi bien c’est là même qu’est l’intérêt principal de notre sujet. Ces hésitations, ces tâtonnemens, sont fertiles en leçons. On ne lira pas sans fruit l’histoire des efforts qui ont été faits pour fonder en Europe une véritable union télégraphique. En pareille matière, la bonne volonté ne suffit pas, il faut ce je ne sais quoi qui fait réussir, et ceux qui s’attacheraient à quelque entreprise de ce genre ne sauraient se donner une meilleure préparation que d’examiner en détail les procédés que d’autres ont employés efficacement. Au fond, les affaires