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Page:Revue des Deux Mondes - 1872 - tome 100.djvu/959

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REVUE. — CHRONIQUE.

officier d’administration de la marine, avait déjà donné des preuves de son dévoûment en soignant dans le golfe du Mexique les malades atteints de la fièvre jaune sur un bâtiment de l’état, le Tonnerre, qui perdit plus des trois quarts de son équipage. Frappé deux fois par cette maladie cruelle, il fut forcé de renoncer au service actif ; mais il a voulu payer encore sa dette au pays pendant l’investissement de la capitale. Il a étudié dans le plus grand détail, pour appliquer et propager les meilleurs procédés, l’organisation des ambulances fondées par l’état, les municipalités, les grandes administrations, les personnes privées ; il les a visitées presque toutes, il a tenu note de tous les faits qui l’ont frappé, et, par une discrétion bien rare, il a toujours parlé des autres et jamais de lui-même. On ne lira pas sans intérêt ces pages écrites sous l’impression du moment, et qui portent la vive empreinte de ces brusques retours d’espérance et de découragement qui pendant quatre mois et demi ont tenu en suspens la population parisienne, sans jamais lasser le dévoûment de ceux qui s’étaient consacrés au soulagement des affreuses douleurs que la guerre traîne à sa suite. On peut ouvrir au hasard ce livre d’or de la charité ; les mots dévoûment, abnégation, générosité, y reviennent à chaque page, non comme un éloge banal, mais comme la constatation de faits réels et connus de tous. Le comité des ambulances de la presse réunit une somme de 1 200 000 francs au moyen de souscriptions ouvertes dans les journaux de Paris et de la province ; il crée douze hôpitaux-ambulances, trente ambulances annexes, et sur la ligne d’investissement cinq postes de secours. Les jours de sortie deux cents voitures vont recueillir les blessés sur le lieu du combat, et l’on évalue à 12 000 au moins le nombre de ceux qui pendant, le siège ont été ramenés dans Paris par les soins de l’infatigable comité. L’ambulance du Théâtre-Français offre un modèle accompli de confortable, de bonne tenue, de sollicitude infatigable. Mmes Lafontaine, Ricquier, Brohan, Jouassain, Marquet, Dubois, Favart, se surpassent dans le rôle si nouveau pour elles d’infirmières et de sœurs de charité.

L’Odéon, les Variétés, le Théâtre-Italien, ne restent point en arrière : ils ont, comme le Théâtre-Français, leurs ambulances modèles, et nous y trouvons encore au chevet de nos blessés les artistes les plus aimées. et les plus applaudies ; une foule de personnes privées, parmi lesquelles l’auteur cite particulièrement MM. Klein, Richard Wallace, le baron de Rothschild, Gunzburg, le docteur Blanche, le cure de Saint-Philippe-du-Roule, Mme Ménier, Mlle Louise Bader, la baronne J. de Rothschild, ont prodigué à nos soldats les secours les plus généreux et les plus empressés. Le comité évangélique à pour sa part entretenu, tant au collège Chaptal que sur divers autres points, plus de sept cents lits ; la Société internationale a su admirablement utiliser les 6 005 000 fr. de dons en argent, et les 2 millions de dons en nature qu’elle a reçus tant de la France que de l’étranger ; elle a distribué des secours de