Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1872 - tome 100.djvu/950

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
944
REVUE DES DEUX MONDES.

commence à se relever, cette politique revient d’elle-même à ses affinités naturelles, aux idées qui la rapprochent de l’Occident.

Ch. de Mazade.



ESSAIS ET NOTICES.
LA CONCURRENCE DES VOIES DE COMMUNICATION


Quel rôle convient-il d’assigner aux voies navigables en présence des chemins de fer ? Doivent-elles être améliorées et complétées par de grands travaux ? Est-ce par la concurrence de l’industrie batelière qu’il faut combattre les dangers du monopole des compagnies ? Ces questions, souvent agitées, mais non résolues, reviennent actuellement à l’ordre du jour ; l’assemblée nationale a institué des commissions et ouvert une enquête pour les élucider. Après les désastres sans précédent qui ont frappé notre fortune, nous ne pouvons plus disposer en faveur des travaux publics que de capitaux très restreints ; au moins faut-il en tirer le meilleur parti possible en les consacrant à des entreprises vraiment productives. Il importe donc plus que jamais peut-être d’examiner les problèmes économiques qui se rattachent à l’industrie des transports.

Les voies de communication se divisent en trois groupes : routes, canaux, chemins de fer. Les routes, qui avaient autrefois une influence prépondérante, ne desservent aujourd’hui que des transactions locales : elles sont encore d’une grande utilité pour les transports à faible distance. N’ayant pour elles ni le bon marché des transports ni la célérité, elles ne peuvent plus figurer qu’au second plan dans les préoccupations du pouvoir central. Les voies navigables et les chemins de fer restent donc seuls en présence pour constituer les grandes artères du mouvement commercial. Le chemin de fer, comparé à la voie navigable, rend des services plus variés, car il se prête au transport des voyageurs en même temps qu’à celui des marchandises, et il offre l’inestimable avantage de la vitesse ; aussi l’existence d’un canal ne pourra-t-elle jamais être invoquée comme un argument péremptoire contre l’utilité d’un chemin de fer riverain. Toutefois la puissance des transports par eau pour le déplacement des grandes masses peut atteindre des limites inaccessibles aux transports sur rails. Sur la voie navigable, le marché du mouvement commercial reste librement, ouvert à la concurrence, et peut offrir au consommateur l’avantage de l’économie ; enfin les bateaux peuvent prendre et laisser du fret en tous les points de leur parcours, tandis que sur la voie ferrée le nombre des gares est forcément restreint. Ainsi, pour le transport des marchandises encombrantes, le chemin de fer et la voie navigable offrent chacun des avantages parfaite-