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LES
OPERATIONS MARITIMES
DANS LA BALTIQUE ET LA MER DU NORD

L’inaction dans laquelle sont restées les flottes de la France et de l’Allemagne est devenue au lendemain de la guerre un sujet d’étude pour les deux pays. Ici l’opinion veut savoir s’il n’appartenait pas à notre marine de prêter un concours utile aux opérations engagées sur terre ; là elle demande dans quelle mesure l’escadre prussienne pouvait accorder à la flotte marchande une protection qui lui a fait absolument défaut. La critique, toujours facile lorsqu’elle peut glaner sur un champ aussi étendu, a pris quelquefois une tournure passionnée ; des paroles amères ont été prononcées non-seulement en France, où l’immensité de nos malheurs peut leur servir d’excuse, sinon de justification, mais encore en Allemagne, où l’orgueil de la nation semble ne pas trouver une satisfaction assez complète dans la gloire de ses armées. En France, les sacrifices consentis par le pays depuis de nombreuses années cherchent dans le rôle de nos escadres une compensation suffisante ; en Allemagne, l’argent dépensé brusquement par le gouvernement pour se procurer une flotte semble stérile devant les perles infligées impunément à la richesse commerciale. Il nous a paru que ces récriminations tombaient devant une étude approfondie de la question, et nous avons cherché, pour la marine française au moins, à démontrer que son rôle, depuis le commencement des hostilités, avait été dicté par la marche même des événemens. Des discussions auxquelles a donné lieu l’inaction de la flotte allemande, nous ne voulons relever qu’un point, la nécessité admise par nos adversaires d’accroître la puissance maritime de leur pays. Une nation qui,