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Page:Revue des Deux Mondes - 1871 - tome 93.djvu/371

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sont acharnés contre la France. Il y a eu des meetings sans nombre en faveur de la Prusse, et, lorsqu’on a appris la capitulation de Sedan, on a tenu des réunions pour féliciter le monde des succès de l’Allemagne. La proclamation de la république n’y a rien fait, et il s’est trouvé des Américains croyant que les conditions de la paix imposées par la Prusse n’étaient pas assez dures. Je dois vous avouer que la France a perdu une grande partie de son influence en Amérique ; mais ce qui a contribué le plus à l’abaisser aux yeux du monde et ici, c’est l’insurrection de Paris… » Ainsi il faut que ce triste écho nous revienne du fond de l’Amérique. Voilà où en sont les États-Unis dans leurs sentimens à notre égard, quatre-vingts ans après que la France les a aidés à conquérir leur indépendance. Les Américains sont oublieux, injustes et imprévoyans : ils se laissent aveugler par leurs mauvais sentimens sur les intérêts de leur propre politique ; mais qu’importe ? si dure que soit la vérité, il est encore bon de ne rien ignorer de ce qu’on pense de nous en Amérique ou ailleurs, ne fût-ce que pour mesurer à ce que nous avons perdu ce que nous avons à regagner dans le monde.

ch. de mazade.




ESSAIS ET NOTICES.




National debts, by R. Dudley Baxter ; London, 1871.

Ce livre, des plus intéressans et des plus instructifs, est aussi plein d’actualité ; c’est une étude comparative des dettes et des ressources des divers. états de l’Europe et de l’Amérique. On a dit quelquefois que la statistique était une science fort ennuyeuse qui ne prouvait rien, attendu que la plupart des faits qu’elle expose ou manquent d’exactitude, ou parlent un langage différent, suivant la façon dont ils sont présentés. Ce reproche ne peut s’adresser au livre dont nous parlons. il est écrit avec méthode et clarté, très facile à lire, et les faits qu’il met en avant sont des plus concluans, — non qu’on ne puisse y relever quelques erreurs de détail, mais ces erreurs sont sans importance aucune au point de vue des résultats. L’auteur, M. Baxter, prend la dette de chaque nation à l’origine ; il la suit dans son développement aux différentes époques, et la rapprochant ensuite du progrès de la population et de celui de la richesse publique, il montre ce qu’elle représente par tête et par rapport au revenu général du pays. De cette façon, on se rend parfaitement compte et de son importance absolue et de son poids relatif.