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Page:Revue des Deux Mondes - 1871 - tome 93.djvu/276

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uniforme. Ce n’est pas là un organisme unique, c’est la juxtaposition, ou plutôt la coordination d’élémens divers, ayant à la fois une vie particulière et une vie commune, c’est-à-dire que chacun conserve une constitution individuelle et un régime propre, en même temps que tous s’unissent les uns aux autres pour quelques services d’intérêt général et d’utilité publique. Le district métropolitain est situé sur les quatre comtés de Middlesex, Surrey, Kent et Essex ; il se compose de la cité de Londres, du bourg parlementaire de Southwark, et d’un nombre excessivement considérable de paroisses. Ces paroisses ne diffèrent aucunement en principe de toutes celles qui sont répandues sur la surface du royaume-uni, si ce n’est qu’elles ont en général plus d’étendue et de population ; mais leurs attributions sont les mêmes. Chacune d’elles dépend, pour la justice et aussi pour certaines branches de l’administration, du comté où elle est englobée ; c’est le vestry ou assemblée générale des contribuables qui, selon la tradition anglaise, est l’administrateur direct et omnipotent des intérêts particuliers de la circonscription paroissiale ; mais en vertu de l’acte de 1858, dont nous avons rapidement exposé la teneur, ces paroisses, sans abdiquer leur propre compétence, se sont groupées pour les travaux publics d’utilité commune en districts, qui sont au nombre de 38, et sont administrés comme d’usage par des commissions locales électives. Ces divers districts, à leur tour, sont reliés entre eux par une commission centrale, metropolitan board, qui est investie de larges pouvoirs pour tout ce qui concerne les travaux publics, la salubrité, etc., dans l’agglomération de Londres tout entière. Ainsi il y a trois élémens superposés dans le système administratif de la capitale anglaise : d’abord une multitude de paroisses, puis au-dessus et comme premier degré de concentration 38 districts ; enfin au-dessus encore de ces districts et comme second degré de concentration, le bureau métropolitain. Que de rouages, observera-t-on, quelle complication ! Oui, sans doute ; mais la complication n’entraîne pas nécessairement avec soi la confusion.

La cité de Londres proprement dite représente moins de 200,000 âmes. En 1835, quand s’accomplit en Angleterre la réforme municipale, la cité ne comptait pas plus de 100,000 habitans ; cependant les intérêts qui s’y trouvaient concentrés étaient tellement considérables, et le respect surtout qu’inspirait sa constitution traditionnelle était si puissant, que l’on n’osa pas la modifier. Cette corporation fut la seule du royaume qui conserva ses vieux privilèges, consacrés par un grand nombre de chartes, dont la première remonte au temps d’Édouard le Confesseur. La cité de Londres est à la fois une municipalité et un comté, c’est-à-dire qu’elle est non-