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Page:Revue des Deux Mondes - 1870 - tome 87.djvu/953

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LA
QUESTION AGRAIRE
EN IRLANDE ET EN ANGLETERRE

I.
LE LAND-BILL IRLANDAIS.

En ce siècle de transformations rapides et profondes, nul pays n’échappe aux difficultés qu’entraînent ces changemens dans les idées et dans les situations. Chacune des grandes nations européennes est aujourd’hui aux prises avec quelque redoutable problème qu’elle doit résoudre, sous peine de rester exposée aux dangers les plus sérieux, La France, après dix-huit ans de régime absolu, travaille à fonder un gouvernement libre sans passer par une révolution nouvelle. L’Espagne se débat contre l’anarchie qui la menace, et cherche une dynastie qui garantisse ses libertés nouvellement conquises. L’Italie, que troublent un coupable esprit de révolte et l’insuffisance de ses ressources financières, s’efforce de rétablir l’ordre dans le pays et l’équilibre dans le budget. En Autriche, les exigences inconciliables des nationalités ont arrêté la marche du gouvernement parlementaire et provoqué une crise dont on n’aperçoit pas encore l’issue. En Allemagne c’est la question de l’unité, en Russie celle de l’émancipation des serfs ; enfin, en Angleterre, c’est la question de l’Irlande qui agite les esprits.

La question agraire (land-question), dont toute l’Angleterre