Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1870 - tome 87.djvu/885

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


acharnement, ils parvinrent à pénétrer dans la ville, et Schill fut tué dans un combat de rues. Croirait-on qu’au moment même où les soldats de Louis, venaient de se dévouer pour le salut de l’armée française et de l’empire, parut au Moniteur du 18 juin 1809 un article des plus virulens contre la Hollande, article évidemment commandé par l’empereur ! C’étaient encore les infâmes nouvellistes hollandais, « ces spéculateurs à la baisse, animés par le délire et la haine contre la France, » qui étaient rendus responsables des bruits fâcheux qui couraient en Europe sur la marche des affaires aux bords de l’Ebre et du Danube. On allait jusqu’à se plaindre de ce que « le major Schill, qui aurait dû périr sur un échafaud, fût mort à Stralsund de la mort des braves. » Le Journal de Leyde répondit vertement à cette étrange bordée qui semblait présager les plus tristes complications ; mais bientôt un événement qui surprit tout le monde, Napoléon tout le premier, força les deux frères à mettre un terme à cet échange de récriminations et à s’occuper de leurs intérêts communs. Le 29 juillet 1809, les Anglais débarquaient en Zélande dans l’île de Walchren, à quelques lieues seulement d’Anvers et de ses arsenaux sans défense.


X

Nous ne referons pas, après tant d’historiens, le récit détaillé de l’expédition anglaise de Walcheren, qui fit peu d’honneur aux armes comme à l’habileté britanniques, et aboutit à un honteux échec. Tout le monde sait que, débarqués au nombre de 40,000 hommes dans cette île zélandaise qui commande l’embouchure de l’Escaut et compte Flessingue et Middelbourg parmi ses localités importantes, les Anglais manquèrent de décision pour se jeter sur Anvers, qui était à la merci d’un coup de main, et laissèrent ainsi s’échapper une occasion qui ne se présenta plus de blesser au cœur l’empire français. Ils voulurent s’établir, se fortifier, perdirent du temps à prendre Flessingue, défendue par le général Monnet, et, quand ils se crurent en mesure de pousser sur Anvers, il était trop tard. La ville était déjà en état de défense. L’armée anglaise, campée sur les côtes de l’île, fut attaquée par les fièvres qui sévissent, en été surtout, dans cette contrée marécageuse, et lorsqu’au mois d’octobre suivant elle dut se rembarquer sans avoir fait rien d’important, elle était réduite au tiers de son effectif. Nous nous bornerons à signaler les faits qui ont un rapport direct avec l’histoire de la Hollande.

Le dessein du gouvernement anglais n’était pas seulement de détruire les établissemens maritimes d’Anvers, qui l’inquiétaient beaucoup ; il était aussi d’opérer sur la frontière nord de l’empire une