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Page:Revue des Deux Mondes - 1870 - tome 87.djvu/827

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IMPRESSIONS DE VOYAGE
ET D’ART

SOUVENIRS DE ROME.

IV.
LES PEINTRES ETRANGERS ET LES PEINTRES VENITIENS A ROME [1].


I. — LES PEINTRES ETRANGERS A ROME.

Voilà déjà bien longtemps que nous nous promenons à travers les églises de Rome ; interrompons un moment cette excursion et allons chercher dans les galeries de peinture quelques-unes des œuvres qui ont été laissées dans la ville éternelle sans avoir été faites pour elle, ou qui portent les noms d’autres artistes que ceux de l’Italie.

Les noms étrangers abondent à Rome ; mais, circonstance remarquable, presque tous ces artistes exotiques ont reçu l’empreinte romaine, on dirait une tribu d’affranchis de par la grâce de l’art italien. Rome les a débaptisés et leur a fait subir l’opération désignée en jardinage par le mot de greffe. Le Flamand van Bloemen est devenu l’Orizzonte ; le Hollandais Honthorst a été transformé en Gherardo delle Notti ; le sculpteur Duquesnoy, l’auteur de la belle et colossale, statue de saint André à la basilique de Saint-Pierre, a pris le nom familier du Fiammingo ; le nom du Lorrain CGordier a reçu une désinence italienne. Ces artistes, d’importance secondaire presque tous, n’ont fait autre chose que dénaturer avec talent les

  1. Voyez la Revue du 15 avril 1870.