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Page:Revue des Deux Mondes - 1870 - tome 87.djvu/753

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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




31 mai 1870.

Maintenant que la trombe est passée, bruyante, confuse, irrésistible, et que dans tous les camps on retrouve peu à peu le sang-froid, c’est le moment ou jamais de se reconnaître, de savoir dans quels chemins on s’engage, ce qui reste, à faire et comment on peut le faire. Le plébiscite, c’est déjà presque une vieille histoire, il n’y faut plus penser. Il a été vérifié et contrôlé par le corps législatif avec la tranquille et expéditive résignation d’une assemblée qui sent bien qu’elle n’a point à disputer sur des détails en présence d’une telle manifestation ; il a reçu la dernière façon l’autre jour dans cette solennelle cérémonie, du Louvre où l’empereur a parlé, où M. le président Schneider a parlé, où M. le président du sénat seul n’a pu faire son discours, et n’a eu d’autre rôle que d’écouter comme tout le monde. Le lendemain, la constitution de 1870 a été inscrite dans nos archives comme la loi souveraine de l’état ; puis tout a été terminé, nous étions sous, le nouveau régime de l’empire parlementaire et libéral. Le peuple est revenu à ses affaires, les chambres ont repris leurs discussions ou leurs interpellations, le gouvernement s’est remis à son œuvre de tous les jours.

Du plébiscite, et des ardentes émotions qu’il avait excitées que restait-il ? Un certain apaisement qui ressemblait, à de la lassitude et cette sorte d’attente alanguie qui suit les grands efforts. Quant aux conséquences politiques, pratiques des récentes transformations, elles ne peuvent, pas évidemment être encore bien sensibles, elles dépendent de l’intelligence et de la bonne volonté de tous, elles deviendront ce que nous saurons les faire. Ce qui est certain pour le moment, c’est qu’en parlant l’autre jour au Louvre de cette transition de régime, en disant le dernier mot sur la période plébiscitaire, l’empereur a défini lui-même, dans un langage suffisamment caractéristique, cette situation qui commence. Le discours impérial, c’est une justice à lui rendre, a le mérite d’être simple et sensé, et il a produit peut-être d’autant plus d’effet