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Page:Revue des Deux Mondes - 1870 - tome 87.djvu/697

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Nullement ; mais s’il est au fond de ces lois diverses des principes communs, partout respectés, partout appliqués, malgré l’extrême dissemblance des institutions, des pays et des races, il importe de dégager ces principes, comme les leçons et les arrêts de l’expérience universelle. Or il est facile d’indiquer entre toutes les législations municipales que nous avons analysées cinq points communs.

Dans toutes les capitales, excepté Paris, il y a un contrôle des habitans, exercé par des représentons diversement élus, sur la gestion des intérêts municipaux ; toutes les capitales, excepté Paris, sont des municipalités véritables, d’ailleurs soumises à la tutelle du pouvoir législatif.

Dans toutes les capitales, des précautions sont prises pour que la puissance municipale ne devienne pas une puissance politique, et l’on admet partout que le régime municipal de la ville où réside le chef de l’état, toujours armé d’ailleurs du droit de dissolution, doit être plus ou moins différent du régime des autres villes, et surtout on confie directement, même à New-York, la police à l’état, car dans les capitales l’ordre est plus difficile et le désordre plus dangereux que partout ailleurs.

Dans toutes les capitales, on ne confond pas les droits politiques avec les droits municipaux, ni la population nomade avec la population sédentaire, La loi n’accorde de droits qu’aux vrais membres de la cité, et non aux étrangers et aux passans.

Dans toutes les capitales, on subdivise la ville en un nombre aussi grand que possible de quartiers, et on exige que les élus résident dans ces quartiers, afin que les citoyens aient à côté d’eux les services municipaux, et qu’ils puissent choisir aisément le représentant de leurs intérêts locaux parmi les habitans qu’ils connaissent.

Dans toutes les capitales enfin, le législateur s’efforce d’associer et d’intéresser le plus grand nombre possible de citoyens de bonne volonté aux détails du gouvernement local, et il redoute bien plus pour la tranquillité publique l’indifférence ou le mécontentement des habitans, déshabitués de tout devoir et dépouillés de tout droit, que l’introduction de quelques discoureurs chimériques dans les réunions où se discutent sans gloire les projets d’écoles pour les petits enfans, le tarif des terrains dans les cimetières et l’établissement des fontaines publiques.


A. COCHIN.