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Page:Revue des Deux Mondes - 1870 - tome 87.djvu/690

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fois une horloge publique, un journal, une bibliothèque, un collège, mais aussi un marché d’esclaves, la torture, le fouet, des taxes absurdes. Ce sont les taxes sur le timbre et sur le thé qui provoquèrent, on le sait, la révolte de New-York et des autres villes, qui de 1763 à 1776, à travers des collisions ininterrompues, aboutit enfin à la célèbre déclaration des droits et à la fondation des États-Unis. New-York reçut Washington avec enthousiasme en 1775 ; mais, reprise par les Anglais, elle fut livrée aux représailles de la guerre, à la famine, à toutes les calamités, jusqu’à la paix de 1783. C’est à New-York, dès 1765, que les délégués, réunis à City-Hall, avaient posé le principe fondamental de la liberté politique et de la liberté municipale dans cette formule si nette : taxation without représentation is tyranny. Dans la même salle, le 6 avril 1789, George Washington était nommé président, et John Adams vice-président des États-Unis. New-York avait alors moins de 30,000 habitans ; malgré les ravages de la fièvre jaune, la population s’était élevée à 60,000 habitans en 1800, et la ville devenait la métropole incontestable du Nouveau-Monde. En 1807, Fulton lançait le Clermont, premier navire à vapeur entre New-York et Albany, devant une foule incrédule qui tout à coup se mettait à crier avec enthousiasme, comme devant un miracle : She moves ! she moves ! il marche ! il marche ! En 1811 fut tracé le plan général, plan symétrique et bien conçu, auquel on doit les douze larges avenues, les rues parallèles, et les beaux squares de la partie supérieure de la ville. En 1814, la première ligne de bateaux à vapeur fut établie entre Liverpool et New-York, et en 1825 l’ouverture du canal Érié, entre l’Hudson-River et le lac Érié, attestait la grandeur et la puissance du peuple si récemment établi sur ces rives de l’Atlantique, qui achevait, dix ans après, le grand réservoir et le Croton-Aqueduc, et fondait, vingt ans plus tard, le Central-Park, qui a coûté près de 200 millions, et que l’on peut appeler le plus grand lieu de plaisir du monde. New-York contenait alors 650,000 habitans. Le chiffre de 1 million est notablement dépassé maintenant, et voici les époques de cette énorme accumulation d’hommes sur un même point :


habitans
1665 1,000
1756 10,000
1800 60,000
1830 200,009
1850 500,009
1860 800,000
1870 1,000,000

L’organisation municipale de New-York, successivement réglée