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Page:Revue des Deux Mondes - 1870 - tome 87.djvu/680

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REVUE DES DEUX MONDES.

des connaissances spéciales ou présente un intérêt général, comme l’état civil et la santé publique, est confié à des autorités spéciales, peu à peu détaché des fonctions municipales et constitué à l’état de service public. On voit ainsi s’opérer un double mouvement et comme un partage entre le domaine de l’état et le domaine de la liberté. Ce qui est mal fait par les particuliers devient de plus en plus central. Ce qui peut être décentralisé devient de plus en plus libre ; mais, toujours et avant tout, pas de contribution sans la participation des contribuables.


II. — BERLIN ET VIENNE.

La loi du développement rapide des capitales à partir du commencement de ce siècle et le fait de l’accélération de ce progrès à partir de l’ouverture des chemins de fer, nous les retrouvons exprimés par des chiffres dans les deux capitales de l’Allemagne, à Berlin et à Vienne. En 1801, Berlin contenait une population civile de moins de 150,000 habitans, et cette ville est peuplée en 1870 par environ 700,000 habitans[1]. Dans une période de quarante années, de 1801 à 1840, la population a seulement augmenté de 150,000 âmes ; dans les trente années suivantes, de 1840 à 1870, elle a augmenté de 400,000 âmes. Or le premier chemin de fer a été ouvert à Berlin en 1839. Le progrès de la population a produit à Berlin les mêmes conséquences que partout ailleurs : l’extension des limites, le remaniement des rues, l’augmentation des dépenses et surtout des dépenses extraordinaires, la nécessité des emprunts, enfin la révision des lois municipales, et ces conséquences se sont réalisées à peu près exactement à l’époque où l’achèvement des chemins de fer déterminait l’accroissement accéléré de la population. En effet, la surface de Berlin a été accrue, en 1861, d’un territoire habité par environ 35,000 âmes, et elle a débordé depuis longtemps les anciens murs d’enceinte. Bien que la ville soit d’origine récente et que les travaux d’élargissement de la voie publique n’y soient pas aussi nécessaires qu’à travers l’antique amas

  1. Les recensemens ont lieu tous les trois ans. Voici les chiures exacts :
    Population civile Population militaire
    1801 147,801 28,908
    1840 309,953 18,739
    1867 680,459 21,978


    On remarquera que la garnison n’augmente pas avec la population.