Aux lazzis d’un orchestre obscène
Et trivial,
Voyons-les mener sur la scène
Leur carnaval !
Que notre force s’évertue
A tout salir,
Ne laissons pas une statue
Sans l’avilir ;
Que tout marbre, que tout albâtre,
Soient charbonnés,
Des lunettes à Cléopâtre
Sur un faux nez !
Après l’art grand, l’art imbécile !
Substituons.
« Calomniez, » disait Basile,
Prostituons !
L’histoire, la philosophie,
Les sentimens,
Raillons tout ! Bien fol qui se fie
A nos sermens !
Sur toute invention humaine,
Sur tout flambeau,
Que notre bave se promène !
Meure le beau !
Meure l’étincelle et la flamme,
Meure l’espoir !
Meure le dernier feu de l’âme
Sous l’éteignoir !
Tuons en nous tout ce qui vibre,
Et sans regrets
Cessons d’être, sur un sol libre,
Des hommes vrais !
Dépouillons, ô race chétive
D’enfans nés vieux,
La grande force admirative
De nos aïeux !
Avoir sa foi que l’on caresse,
Son idéal,