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pas bien grave ici, parce que la salle est immense par rapport au nombre des membres de l’assemblée ; il le serait, si l’assistance était considérable. La disposition la plus heureuse est, dit-on, celle qui a été établie, au prix de dépenses excessives, à la chambre des communes d’Angleterre, où le nombre des personnes présentes s’élève quelquefois à 800. L’édifice, qui mesure 22 mètres de long sur 14 de large, est divisé sur la hauteur en deux parties par un plancher en fonte à claire-voie. L’étage supérieur est la salle des séances. L’étage du dessous contient une véritable fabrique d’air respirable. En été, on fait passer l’air à travers un rideau de pluie artificielle qui le rafraîchit. En hiver, de puissans calorifères lui donnent une température convenable, puis il s’élève et arrive dans la salle par les orifices du plafond, que recouvre un tapis. Chaque maille du tissu laisse passer un petit filet d’air pur, et l’on a évité ainsi les courans trop énergiques qui, trop chauds ou trop frais, incommoderaient les personnes placées près des orifices. Néanmoins ce mode d’introduction a produit un autre inconvénient ; on se plaint que ces petits courans soulèvent un nuage très sensible de poussière, surtout lorsque l’on marche. Au sommet de la salle, de nombreux becs de gaz déterminent un courant d’évacuation pour l’air vicié ; ces becs de gaz sont toujours allumés, car les séances ont lieu la nuit, comme on sait. De plus une haute cheminée où l’on entretient un foyer auxiliaire active l’appel et contribue à débarrasser la salle de tous les gaz méphitiques qui résultent d’une si nombreuse réunion. Le système est simple, on le voit, et complet : s’il n’est pas irréprochable, au moins donne-t-il des résultats satisfaisans ; mais des salles de réunion d’une destination plus modeste ne sauraient être aérées au prix de dispositions si coûteuses.

Les palais de justice présentent dans les diverses parties dont ils se composent des difficultés de plus d’un genre. D’une part on y rencontre de vastes salles des pas perdus qui se ventilent toutes seules, mais qu’on ne réussit pas toujours à échauffer au degré voulu. Auprès de ces immenses galeries se trouvent des chambres de capacité moyenne où la foule se coudoie, en sorte que le chauffage s’y effectue sans peine, tandis que la ventilation y doit être d’une activité extrême. Les appareils connus ne sont peut-être pas assez puissans pour purifier de tels lieux de réunion ; du moins on s’aperçoit trop souvent que les effets qu’ils produisent ne sont pas proportionnés au mal qu’ils sont destinés à combattre.

Pendant longtemps, on ne s’est préoccupé en aucune façon de la salubrité des prisons. Au dire de certaines personnes, la mauvaise nourriture, le manque d’air respirable, l’odeur infecte des lieux de