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Page:Revue des Deux Mondes - 1867 - tome 67.djvu/953

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trouve en quelques écrits du XIIIe siècle. Il n’est pas inutile d’observer que les premiers ramoneurs qui parurent en France étaient originaires de la Savoie, et que les Piémontais ont conservé jusqu’à ce jour comme une sorte de monopole l’exercice du métier de fumiste, ce qui semblerait indiquer que les cheminées ont été inventées dans ces pays de montagnes, où les hivers sont plus rudes que dans les plaines de l’Italie. Autrefois dans les villes, et même encore aujourd’hui dans les campagnes, les foyers étaient d’une largeur et d’une hauteur excessives, ce qui avait pour principal inconvénient d’activer la ventilation outre-mesure. Rumford imagina d’en perfectionner la construction en réduisant les dimensions au strict nécessaire. Franklin sut indiquer avec beaucoup de sagacité les causes qui font fumer les cheminées et les moyens de remédier à ce défaut. Les savans illustres n’ont donc pas dédaigné le sujet qui nous occupe ici, et y ont introduit par leurs études des améliorations considérables. Un peu plus tard, Lhomond inventa le tablier mobile qui permet de clore en partie l’orifice de la cheminée ; mais le perfectionnement le plus notable fut l’introduction en arrière du foyer de tuyaux métalliques qui prennent l’air froid à l’extérieur, et le versent dans l’appartement après l’avoir échauffé à la chaleur perdue du combustible. A la ventilation irrégulière qui d’habitude se fait, non sans inconvéniens, par les fissures des portes et des fenêtres, se substitue, grâce à ce système, un courant d’air tiède qui purifie l’atmosphère de la pièce tout en contribuant à élever la température. Bien d’autres perfectionnemens sont présentés de temps à autre par des inventeurs qui prétendent arriver à des résultats merveilleux. Le sujet est épuisé depuis longtemps. Les inventions récentes ne sont en général que de vieilles idées accommodées au goût du jour. Quelque disposition qu’on lui donne, la cheminée reste un appareil d’une inefficacité notoire. Sous la forme là plus parfaite, elle ne rend en effet utile que 6 ou 12 pour 100 de la chaleur produite par la combustion. Il n’est guère dans l’industrie de machine si médiocre.

Aussi est-ce une idée généralement admise que l’on ne se chauffe bien qu’avec des poêles ; mais les poêles, soit en faïence, soit en métal, ont l’inconvénient sérieux de ne pas produire une ventilation suffisante. Chaque kilogramme de bois qui brûle dans une cheminée, même d’une ouverture très restreinte, fait passer dans le tuyau 100 mètres cubes d’air pour le moins et cette grande masse enlevée à l’appartement est remplacée par de l’air pur venant du dehors. Avec un poêle, le volume d’air se réduit plus ou moins strictement à ce qui est indispensable pour la combustion, c’est-à-dire 6 ou 8 mètres cubes environ. Si l’on veut bien rapprocher ces chiffres de