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l’épaisseur duquel s’accomplissent les phénomènes dont nous avons à parler. C’est l’atmosphère, qui est composée d’un fluide parfaitement transparent : l’air. Contrairement à ce que pense le vulgaire, l’air est pesant, comme on le prouve en équilibrant sous une balance un ballon vide et en remarquant qu’il baisse aussitôt qu’un robinet ouvert laisse arriver le fluide. L’air se dilate par la chaleur et devient plus léger, car les montgolfières s’élèvent lorsqu’elles sont gonflées d’air chaud ; — il est compressible, c’est-à-dire que son volume diminue autant qu’on le veut quand on le presse suffisamment ; enfin il est élastique, et reprend son volume primitif quand on supprime la pression qu’on lui avait fait subir.

De ces trois propriétés découlent les conditions de l’équilibre et du mouvement de l’atmosphère. Il est d’abord évident que les couches supérieures, celles qui confinent à l’espace indéfini, sont extrêmement dilatées, mais que leur poids, si petit qu’il puisse être, appuie sur les tranches qui sont au-dessous, et que celles-ci augmentent progressivement de densité à mesure qu’elles s’approchent de la terre. Au niveau du sol, toutes pèsent sur les objets et font subir à chaque surface une pression considérable : c’est la pression atmosphérique. On sait mesurer cette pression depuis l’invention du baromètre. Dans sa plus grande simplicité, cet instrument se compose d’un tube de verre vide plongé dans un bain de mercure. L’air appuyant sur ce bain fait monter le mercure dans le tube jusqu’à ce que le poids soulevé fasse équilibre à la pression atmosphérique. En moyenne, le mercure monte à 760 millimètres ; il baisse quand la pression de l’air diminue ; il monte quand elle augmente.

Nous sommes donc plongés dans une mer gazeuse, comme les poissons dans une mer liquide : elle pèse autant qu’une couche de 760 millimètres de mercure, ou de 10 mètres d’eau ; mais, comme elle est beaucoup moins dense que l’eau ou le mercure, elle s’élève beaucoup plus haut. On trouve de l’air sur les montagnes, on en trouve à toutes les hauteurs qu’on a pu atteindre en ballon ; mais on en trouve de moins en moins, et la pression décroît de plus en plus. A 13 lieues, cette pression serait sensiblement nulle, parce qu’il n’y aurait presque plus d’air au-dessus. Néanmoins il faut bien avouer qu’on ne sait pas au juste où et comment finit l’atmosphère ; comme les bolides deviennent lumineux à 30 ou 40 lieues au-dessus de nos têtes, il faut croire que l’air s’étend au moins jusque-là.

Il ne nous importe pas de savoir de quels élémens l’air est composé ; la seule chose que je veuille rappeler est qu’il contient toujours de l’eau, et ce point doit être étudié avec détail, car c’est la