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Page:Revue des Deux Mondes - 1867 - tome 67.djvu/884

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LES
PRECURSEURS ITALIENS

II.
MASSIMO D'AZEGLIO

I. I Miei Ricordi, di Massimo d’Azeglio, 2 vol. ; Florence, Barbera, éditeur, 1867. — II. L’Italie de 1847 à 1865, correspondance politique, de Massimo d’Azeglio, avec une introduction par M. Eugène Rendu ; 1 vol. in-8°. Didier, 1866. — III. Commemorazione di Massimo d’Azeglio, discorso di Giuseppe Massari ; Bari, 1866, etc.

Les hommes font les révolutions, les révolutions dévorent les hommes, et avant même d’être achevées elles ont épuisé la génération dont elles sont l’ouvrage. Tandis que les événemens se déroulent sans trêve, ils s’en vont un à un, jour par jour, tous ces héros de l’esprit ou de l’action, ces guides de la veille qui le lendemain semblent se perdre dans un mouvement dont ils ont été la force ou le génie, la prudence ou l’audace. L’un disparaît avant d’avoir vu poindre l’aube du jour que son âme a pressenti ; un autre est frappé dans l’éclat des premières victoires sans avoir touché le but sur lequel son regard mourant reste fixé. S’ils ne sont pas tous à la gloire, ils furent tous à la peine, et cette transformation qui s’accomplit est le couronnement de leurs espérances, le prix de leurs vaillans efforts, la réalisation d’une pensée dont ils ont été les porte-drapeaux. La cause triomphe, les hommes restent en chemin ; la légion des initiateurs se disperse au vent de la mort. L’Italie existe aujourd’hui ; ceux qui l’ont faite, qui l’ont conduite d’étape en étape, qui ont souffert et pensé, voulu et agi pour elle,