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Page:Revue des Deux Mondes - 1867 - tome 67.djvu/770

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fortune pour la cour de Vienne ; la force morale qu’elle en recevrait lui permettrait de donner des consolations libérales aux populations allemandes et aux autres races de l’empire. Le système représentatif local et central pourrait entrer en exercice. Les finances autrichiennes se relèveraient bientôt, et une force imposante couvrirait de nouveau les régions danubiennes.

L’Italie a en ce moment le mérite de tenter l’œuvre la plus neuve et la plus féconde qui se puisse entreprendre chez un peuple catholique. Elle est en train d’organiser la séparation de l’église et de l’état, et de fonder sûr les libertés publiques les droits de la conscience religieuse. L’effet Immédiat de ce système, désiré depuis longtemps par tous ceux qui marchent aux premiers rangs du libéralisme, c’est l’abrogation des arrangemens concordataires qui mettent des entraves à l’indépendance de l’église dans son administration intérieure, et la fin des subventions payées par l’état à l’établissement ecclésiastique. En réalisant cette séparation, le gouvernement italien n’impose à l’église que la vente et la conversion en fonds publics et en valeurs mobilières des domaines de mainmorte, et se contente de prélever sur cette conversion, qui ne peut qu’accroître les revenus de l’église, une somme de 600 millions destinée à équilibrer le budget de l’état pendant un certain nombre d’années. Nous l’avons déjà dit, l’opération financière qui se rattache à ce changement des rapports de l’église et de l’état n’est que le petit côté de cette grande révolution qui ne peut manquer à la longue de se communiquer à tous les pays catholiques. On voit par là se dégager l’effet moral que nous, avions attendu de l’œuvre de l’indépendance italienne, et qui nous avait paru dès l’origine devoir élever cette œuvre bien au-dessus des entreprises politiques qu’enfante l’ambition des princes ou l’inquiétude des peuples. e. forcade.



ESSAIS ET NOTICES.

HOMMES ET DIEUX, ÉTUDES DE LITTÉRATURE ET D’HISTOIRE,
par M. Paul de Saint-Victor, 1 vol. in-8°.

Parmi les qualités littéraires, la plus difficile pour l’écrivain forcé de se prodiguer dans le journalisme, la plus rare, la plus méritoire est de résister aux facilités de l’improvisation et de conserver le respect de sa plume. Depuis quinze ans et plus ; M. Paul de Saint-Victor consacre a ces feuilles volantes, nées le matin et que le vent du soir emporte, le même soin amoureux et fervent de la forme que si elles devaient durer l’éternité. Ces pages,