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Page:Revue des Deux Mondes - 1867 - tome 67.djvu/675

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il nous semblerait assez difficile d’obtenir un effectif dépassant 1,179,000 soldats : c’est un chiffre déjà trouvé plus haut ; il est naturel qu’on arrive aux mêmes résultats avec les mêmes élémens.

Comment évaluer maintenant ce que coûteraient à la nation l’un et l’autre système d’armée ? On ne le peut faire que par analogie et par aperçu. Une armée devient coûteuse non-seulement par les dépenses qui sont mentionnées dans les budgets, mais par le préjudice qu’elle occasionne en détournant un grand nombre d’hommes des travaux producteurs. Dans l’état actuel, l’effectif budgétaire accordé pour 1867 est de 390,000 hommes, ce qui représente 142,350,000 journées de présence passées sous les drapeaux par les soldats de tout rang. La dépense a été réglée provisoirement à 352 millions de francs, et elle comprend, outre l’entretien des hommes, les déboursés de tout genre auxquels une armée donne lieu : achat et nourriture des chevaux, équipemens, arméniens, matériel, administration ; cela correspond à une dépense de 2 fr. 47 cent, par journée d’homme. Prenons ce dernier chiffre, non pas comme une mesure exacte, mais comme moyen d’évaluation approximative.

Dans les deux types d’armée entre lesquels les réformateurs balancent, le nombre des journées de présence sera déterminé par le rôle qu’on fera jouer à la réserve. Plus seront nombreux relativement les soldats de la réserve qui n’auront à passer que deux mois aux frais de l’état pendant la première moitié de leur service, et un mois seulement pendant la seconde moitié, et moins la dépense totale de l’armée sera lourde. Eh bien ! dans la combinaison