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Page:Revue des Deux Mondes - 1867 - tome 67.djvu/506

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dépendance. La vie parlementaire recommence à Florence dans des conditions favorables. La formalité de l’adresse a été expédiée sans discussion en une séance. Les chambres italiennes, ayant les prérogatives entières des vrais parlemens, n’ont pas besoin de perdre leur temps à des discussions rétrospectives : elles peuvent aborder les questions importantes au moment où il y a un intérêt pratique à les éclairer et à les résoudre par le débat public des mandataires du pays. C’est une question de ce genre qui va être proposée à la chambre des députés au milieu de la semaine prochaine. M. Scialoja exposera les élémens de la situation financière de l’Italie, et fera connaître les mesures par lesquelles il compte établir l’équilibre entre les besoins et les ressources du trésor. On connaît déjà les principales données du problème que le ministre des finances italiennes est chargé de résoudre. Il a annoncé pour chiffre du déficit de 1867 186 millions : on espérait réduire encore cette somme par des économies radicales à réaliser dans le budget de la guerre ; mais la crainte de désorganiser l’armée par de trop brusques retranchemens a empêché d’aller aussi loin qu’on voulait d’abord. L’intérêt principal du plan de M. Scialoja résidera dans la combinaison financière à laquelle doit donner lieu la vente des propriétés ecclésiastiques. Ces biens sont immenses ; on en porte la valeur à un milliard et demi. S’il était possible d’en accomplir l’aliénation rapide, le trésor y trouverait une ressource— suffisante pour faire face à la période des déficits ; mais la vente simultanée et au détail des propriétés ecclésiastiques n’est point praticable. On assure que le ministre tourne la difficulté au moyen d’un grand emprunt de 600 à 700 millions, réalisable en cinq années, qui sera hypothéqué sur les biens du clergé. On nomme même le contractant de cet emprunt, et comme il passe pour avoir obtenu dans d’importantes affaires le concours des clergés belge et autrichien, on suppose qu’il doit avoir déjà pris des mesures avec la hiérarchie catholique d’Italie, et que l’opération de la vente des propriétés ecclésiastiques sera conduite avec le concours du clergé. On ne peut porter de jugement sur cette combinaison que lorsque le ministre en aura fait connaître les conditions et les contractans. Une opération pareille est considérable, et il faut voir si les épaules qui s’en chargent sont bien de force à la porter

Nous ne connaissons encore que par des télégrammes la forme singulière qu’a prise le conflit engagé entre le président Johnson et le congrès américain. Les journaux des États-Unis qui contiennent les propositions présentées et les débats des chambres ne sont point encore arrivés en Europe. Les dernières nouvelles télégraphiques donnent même à espérer que le choc où semblaient devoir se heurter le pouvoir exécutif et la puissance législative serait déjà avorté. Sous le coup d’une mise en accusation et d’une déchéance probable, le président Johnson est-il revenu à des idées plus modérées et plus conciliantes ? Est-ce le congrès qui cède devant une manifestation de l’opinion publique. Ce qu’il faut, en tout cas, admirer en