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LES
FORCES SOUTERRAINES

Les Volcans et les Tremblemens de terre, par M. Arnold Boscowitz. Paris, Ducroq, 1866.


I.

Les deux dernières années ont été, pour l’Europe du moins, assez riches en événemens volcaniques. L’Etna, qui se reposait depuis treize ans, s’est tout à coup fendu sur une longueur de plusieurs kilomètres pour dresser sur ses flancs des collines de 100 mètres de hauteur et pour épancher au dehors un fleuve de lave dont la contenance égalerait celle d’un cube de 800 mètres de côté. En même temps le Vésuve, dont les éruptions ne coïncident point en général avec celles de l’Etna, recommençait à fumer et changeait de nouveau la forme de son cratère, si souvent modifié. Quelques mois après, l’île de Santorin, dans l’archipel grec, se réveillait à son tour d’un sommeil de quatre-vingt-dix-huit années : l’îlot de Néa-Kaméni, qui s’élève au milieu de la grande rade circulaire comprise entre Santorin et Thérasia, était secoué par un tremblement de terre, et bientôt on voyait surgir du fond de la mer un écueil de lave noirâtre qui se gonfla lentement au-dessus de l’eau blanchie par les acides, et finit par se rattacher en promontoire au cône de Néa-Kaméni. Enfin une légère secousse du sol s’est fait sentir dans une grande partie de l’Europe occidentale, non sans causer une certaine frayeur à bon nombre de timides citoyens habitués à compter sur la solidité du terrain qui les porte.

Ces événemens sont, il est vrai, d’une très faible importance relative dans l’histoire de la planète, et seraient à peine dignes d’être mentionnés après tant de formidables catastrophes arrivées en diverses parties du monde,