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Page:Revue des Deux Mondes - 1866 - tome 62.djvu/706

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DAVID LIVINGSTONE
DANS L'AFRIQUE AUSTRALE

I. Missionary travels and researches in south Africa, by David Livingstone, Londres 1857. — II. Narrative of an Expedition to the Zambesi and its tributaries and of the discovery of the lakes Shirva and. Nyassa, 1858-1864, by D. and C. Livingstone, London, John Murray, 1865.

Trois mobiles poussent les membres de la famille européenne vers les contrées que nul rayon de civilisation n’a encore pénétrées, — le commerce, la science et la foi. — Les voyageurs sont des savans, des commerçans ou des missionnaires. Il serait difficile de déterminer avec une complète justice à laquelle de ces trois catégories de voyageurs revient la part la plus brillante et la plus féconde dans l’exploration des terres inconnues. Le savant, dont la mission est temporaire, songe à rapporter à son pays le résultat de ses observations, et ne peut sur son passage rien fonder de stable. Le commerçant, qui devrait exercer une action civilisatrice plus décisive, ne peut toujours échapper à l’influence d’un égoïsme trop souvent étroit, et redoute plus qu’il ne le désire le progrès des nations qu’il exploite. Les missionnaires, par leur séjour prolongé au milieu des peuples sur lesquels ils veulent agir et le but élevé qui les amène parmi eux, sembleraient appelés à devenir les agens les plus efficaces de la civilisation ? malheureusement ils n’ont pas toujours su se préserver de préoccupations ambitieuses ou mercantiles, et ils ont ainsi compromis les effets moraux de leurs tentatives. C’est à cette disposition regrettable qu’il faut attribuer l’orage que les jésuites ont attiré sur leur tête sous le pontificat de Clément XIV, et qui a subitement détruit dans leurs établissemens coloniaux les