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Page:Revue des Deux Mondes - 1866 - tome 62.djvu/684

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ETUDES
D'ECONOMIE SOCIALE

LES ASSOCIATIONS OUVRIERES.

Les questions qui intéressent le sort des populations ouvrières sont aujourd’hui l’objet d’une préoccupation générale. Il n’y a point lieu d’en être surpris. D’une part, les réformes de la législation économique, l’immense développement de l’industrie, le régime de la concurrence, ont amené, dans les conditions du travail, des changemens considérables, dont les effets doivent nécessairement s’étendre à tous les agens de la production. D’un autre côté, la révolution politique qui se résume dans le suffrage universel a donné une large part de discussion et d’influence à des millions de citoyens qui jusqu’alors étaient demeurés étrangers aux affaires publiques. Comment ne pas tenir compte de ces deux grands faits ? On pouvait dire récemment encore : Tout pour le peuple, sinon tout par lui. Cette maxime, généreuse à coup sûr, n’est plus de saison. La révolution politique et économique l’a modifiée en ce sens que le peuple a désormais le droit de ne s’en rapporter qu’à lui-même pour le règlement de ses destinées : droit redoutable non-seulement pour le peuple, mais encore pour la société tout entière, car, si ce droit était mal exercé, il en résulterait de graves déceptions et un dommage général. Ainsi s’explique l’attention qui s’attache aux questions ouvrières. On cherche à discerner les idées qui se dégagent de la situation nouvelle, on s’applique à prévoir l’usage que