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Page:Revue des Deux Mondes - 1866 - tome 62.djvu/579

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duumviri jure dicundo. Leur, nom indique leurs attributions : ils étaient deux comme les consuls de Rome ; ils présidaient, comme eux, le sénat, et de plus ils rendaient la justice. Au-dessous des duumvirs, deux édiles étaient chargés de la surveillance des marchés, de l’entretien des monumens publics, de la police des rues et des places ; au-dessous encore, deux questeurs administraient les revenus publics et surveillaient les dépenses. C’étaient là les magistrats ordinaires de la république des Pompéiens, comme elle aimait à s’appeler, ceux qu’on nommait tous les ans. Il y en avait d’autres, que certaines circonstances exceptionnelles rendaient de temps en temps nécessaires. Tous les cinq ans, on faisait le recensement des citoyens dans tout l’empire. C’était un moment solennel qui se célébrait par des cérémonies religieuses et des fêtes splendides. A Rome, le recensement était fait par l’empereur lui-même, héritier des censeurs de la république. Dans les provinces, on ne créait pas à cette occasion des magistrats spéciaux, car l’administration municipale n’aimait pas à multiplier le nombre des agens dont elle se servait : on confiait cette opération importante aux duumvirs en exercice ; seulement, comme ils remplissaient des fonctions nouvelles, ils prenaient un nom nouveau. Pour marquer que la dignité exceptionnelle dont ils étaient revêtus ne revenait que tous les cinq ans, ils ajoutaient à leur titre ordinaire celui de quinquennalis, et c’était un grand honneur d’être nommé magistrat quinquennal. Leurs fonctions ne consistaient pas seulement à faire le recensement des citoyens ; comme les censeurs à Rome, ils arrêtaient la liste du sénat. Ils y faisaient d’abord entrer les magistrats qui venaient de sortir de charge, puis les citoyens importans de la ville qu’ils jugeaient les plus dignes de cet honneur. Ils étaient libres de choisir ceux qu’ils préféraient en se conformant aux conditions requises par la loi. Ces conditions, nous les connaissons. Pour être élu décurion, la loi voulait qu’on eût atteint un certain âge, trente ans sous César, vingt-cinq à partir d’Auguste. Elle exigea plus tard une certaine fortune, qui variait sans doute avec l’importance des villes ; à Côme, c’était seulement 100,000 sesterces (20,000 francs.) Elle excluait formellement les banqueroutiers, ceux qui avaient subi des condamnations réputées infamantes, ou exercé des professions qu’on regardait comme malhonnêtes, par exemple les comédiens et ceux qui dressaient les gladiateurs. Quant aux marchands de filles, aux crieurs publics et aux employés des pompes funèbres, on pouvait les nommer à la condition qu’ils renonceraient à leurs métiers, La liste faite, les quinquennales la faisaient graver sur l’airain et placer dans un endroit apparent du forum, ou tout le monde la pouvait lire. C’est ce qu’on appelait le tableau de la curie, album curiœ. Le hasard