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Page:Revue des Deux Mondes - 1866 - tome 62.djvu/317

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l’habitude la suspension des fonctions respiratoires, mais jusqu’à quel degré et pendant combien de temps ? Il n’y a point d’exemple authentique de plongeur qui soit resté au fond de la mer plus de deux minutes. Cette pratique, abandonnée aux seules forces de la nature, peut être un exercice curieux, un glorieux moyen de sauvetage ou même, dans certains cas, un métier utile ; elle ne saurait jamais exercer une grande influence sur les entreprises industrielles ni sur la science du génie maritime. Aussi le vœu de tous les siècles a-t-il été d’inventer des appareils propres à seconder sous l’eau les courageux efforts de l’homme.

Ces appareils en usage sont maintenant la cloche à plongeur (diving-bell) et le scaphandre (diving-apparatus). Les Anglais ne sont pas les seuls qui se servent de tels instrumens ; mais comme la Grande-Bretagne est en Europe le pays le plus entouré de mers, comme le nombre de ses vaisseaux et la conformation de ses côtes l’exposent plus que tout autre aux naufrages, il est bien naturel que nos voisins aient dirigé depuis longtemps leur attention vers les moyens artificiels de travail sous-marin pour fortifier leurs ports ou pour recouvrer les trésors engloutis au fond de l’océan. Dès 1663, un Anglais nommé William Phipps, fils d’un forgeron, avait conçu un système pour recueillir dans le sable de la mer les épaves d’un navire espagnol qui avait sombré sur la côte d’Hispaniola. Charles II lui prêta un vaisseau et tout ce qui était nécessaire à son entreprise ; mais l’affaire ne réussit point, et William Phipps tomba dans la plus grande pauvreté. Rien ne put néanmoins décourager son ardeur, et pour se remettre à flot il ouvrit en Angleterre une souscription à laquelle contribua le duc d’Albemarle. En 1667, Phipps s’embarqua dans un navire de deux cents tonneaux, Rengageant d’avance à partager les profits entre les vingt actions qui représentaient le fonds social. D’abord ses recherches furent infructueuses, et il commençait à désespérer quand il finit par tomber sur une veine d’or. L’heureux plongeur revint en Angleterre avec 200,000 livres sterling ; sur cette somme, il en garda 20,000 pour lui-même,