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Page:Revue des Deux Mondes - 1866 - tome 62.djvu/219

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ETUDES
SUR
LES TRAVAUX PUBLICS

LES PHARES ET LES BALISES

 :Mémoire sur l’Éclairage et le Balisage des côtes de France, par M, L. Reynaud, inspecteur-général des ponts et chaussées ; Imprimerie impériale, 1864.

Le navigateur qui passe à distance le long des côtes septentrionales de la Méditerranée aperçoit çà et là, sur le sommet de hautes montagnes, de petites tours blanches qui conservent encore en plus d’un endroit le nom de tour des Sarrasins. En chacun de ces édifices veillait, dit-on, un guetteur qui, lorsqu’il découvrait au large certaines voiles d’une forme bien connue, allumait un grand feu, non point pour conduire les navires au port, mais pour annoncer aux habitans des villages voisins que l’ennemi avançait, et qu’il était temps de le fuir ou de s’armer contre lui. Ces côtes étaient en effet fréquemment menacées par les incursions des Barbaresques. Toute voile douteuse était réputée hostile ; c’est à peine si pour guider les navigateurs on entretenait quelques signaux de nuit à l’entrée des ports ou à l’embouchure des grands fleuves. Le marin, de son côté, s’il apercevait un feu à l’horizon, jugeait prudent de s’en écarter, car il était arrivé plus d’une fois que des feux avaient été allumés dans une intention coupable, pour attirer les navires à la côte et faire profiter les riverains du droit barbare d’épaves.