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Page:Revue des Deux Mondes - 1866 - tome 62.djvu/154

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L'ANGLETERRE DE 1865
ET
LE SEPTIEME PARLEMENT DE LA REINE VICTORIA

Le septième parlement élu depuis l’avènement au trône de la reine Victoria a commencé ses travaux le 1er février 1866, et en voyant comment il y procède, ce qui frappe surtout l’esprit de l’étranger, c’est la facilité et la dignité avec lesquelles il se constitue, c’est l’aménité des rapports qui semblent établis par avance entre les membres d’assemblées que la discussion des affaires publiques va bientôt partager chacune en deux opinions qui pendant toute la durée du parlement ne cesseront pas de se contredire. A la chambre des lords, la chose est des plus simples, il y a un président-né qui est le lord-chancelier en exercice, et les formalités à suivre pour la constitution de la chambre se bornent à la prestation du serment que chacun de ses membres doit renouveler au début de chaque parlement. A la chambre des communes, les choses ne vont pas tout à fait aussi vite : il faut commencer par élire un président, ce qui peut entraîner quelque discussion, d’autant mieux que, ce président étant nommé pour toute la durée du parlement, l’affaire est véritablement grave. Il est très rare cependant que cette élection entraîne de longs délais, parce qu’il est convenu d’un accord unanime que le président ne saurait être ni l’agent de la couronne, ni le représentant d’aucun parti chargé de peser sur les débats, qu’il doit être seulement l’homme le plus impartial de l’assemblée, celui qui est le plus capable de diriger ses débats conformément aux lois et aux traditions. Cela n’empêche pas le président d’avoir des opinions dont personne ne lui conteste le bénéfice, à ce point même que dans certains cas il peut faire