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Page:Revue des Deux Mondes - 1866 - tome 61.djvu/448

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presque plate qui présente des facilités exceptionnelles ; mais par compensation les terrains y ont en général une valeur assez élevée. Il est donc permis de croire, d’après cette expérience, que l’on pourra construire des chemins de fer à une voie au même prix partout où l’on n’aura ni de grands cours d’eau à traverser, ni des faîtes de montagnes à franchir. Une sage tolérance dans l’inclinaison des rampes et dans le rayon des courbes permettra d’éviter tous les grands travaux d’art qui absorbent sur un seul point une somme considérable. Si l’on considérait l’expérience faite dans le département du Bas-Rhin comme trop restreinte pour être concluante, nous pourrions répondre que d’autres embranchemens, d’une très courte longueur il est vrai, entre autres celui de Saint-Gobain à Chauny, exécuté par la compagnie du Nord, sont ressortis à un prix de revient encore moindre. Des renseignemens recueillis en divers pays étrangers par les ingénieurs français ont confirmé ces évaluations.


II


Ainsi deux points peuvent être considérés comme bien établis. D’une part, il est possible de créer, dans toutes les régions où le sol ne présente pas des obstacles exceptionnels, des chemins de fer à une voie de même gabarit que les grandes lignes au prix moyen de 120 000 francs par kilomètre, y compris la fourniture d’un matériel roulant qui équivaut au cinquième de la dépense totale. D’autre part, les ressources si importantes que la loi de 1836 a créées au profit de la voirie vicinale permettent aux communes et à certains départemens de participer dans une large mesure à des entreprises de cette sorte. Depuis vingt-huit ans que les centimes additionnels et les prestations en nature sont perçus au profit des voies de communication, les populations ont eu le temps de s’habituer à ces impositions, et les acceptent d’autant plus volontiers que le résultat se traduit par une amélioration évidente de la viabilité du pays. L’achèvement graduel des chemins de grande communication dans la plupart des départemens va d’ailleurs rendre disponible une partie de ces ressources, que l’on pourra ainsi appliquer à des chemins de fer d’une longueur limitée, s’étendant rarement au-delà de 40 kilomètres, d’un tracé facile et d’un trafic peu considérable. Les centres manufacturiers, les entrepôts agricoles et commerciaux que les lignes principales ne desservent pas, pourront s’y rattacher par des embranchemens très courts qui coûteront peu, et qui seront cependant construits dans des conditions telles que les marchandises lourdes et encombrantes passent sans transbordement