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Page:Revue des Deux Mondes - 1866 - tome 61.djvu/257

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que s’accroissent les chances de la réconciliation de la Hongrie. Cette mauvaise humeur des populations germaniques n’est pas la seule des difficultés qui compliquent le problème que la cour de Vienne cherche à résoudre ; nous faisons des vœux pour que les antipathies de races ne se réveillent point contre les Hongrois parmi ces populations d’origine et de langues diverses que le royaume de saint Etienne embrasse dans ses limites.

Nous sommes bien attardés pour rappeler le grand et noble spectacle que le peuple belge et son jeune et libéral souverain viennent de donner au monde. L’attitude du peuple belge, le langage du roi si élevé, si sincère, si pénétré d’honnêteté communicative, n’ont point trompé notre attente et ont réjoui ceux qui savent accueillir les beaux exemples, qu’ils nous viennent des petits peuples ou des grands. La Belgique a dit de toutes les façons, avec une dignité et un élan bien remarquables, qu’elle veut demeurer une nation indépendante, parce qu’elle entend être une nation libre. Nous ne pensions point rencontrer si juste quand naguère nous comparions la position morale de la Belgique par rapport à nous à celle de l’Amérique du Nord vis-à-vis de l’Angleterre. Il y a eu dans la signification généreuse des manifestations belges et la grandeur politique du message du président Johnson une merveilleuse coïncidence. Par ces actes et par ce langage, il semble que le ton moral de la politique ait été soudainement élevé dans le monde et que la conscience de ceux qui ont gardé leur fidélité à la liberté se soit dilatée avec bonheur. Quelle belle, simple, forte, humaine, virile revendication des principes républicains fondés sur les droits de l’homme dans le message de Johnson ! Quelle foi profonde, bien que contenue sous une forme austère, dans l’influence que les institutions américaines doivent exercer sur le développement de l’idéal politique de l’humanité ! Et dire que pour avoir ces parties divines de l’art de gouverner il n’est pas nécessaire d’avoir eu des aïeux, qu’on peut parler devant l’histoire cette grande langue de la magistrature suprême quand on a commencé par être un ouvrier tailleur ! Quel titre de noblesse pour les démocraties du monde, et quelle promesse consolante pour l’avenir de l’humanité !

e. forcade.



REVUE MUSICALE.

Aux alentours de l’Opéra, l’arrivée à Paris du maestro Verdi met en éveil toute sorte de curiosités. Est-ce une partition nouvelle que l’auteur du Trovatore et de Rigoletto apporte à l’Académie impériale, que le vide menace aussi d’envahir ? Quel poème a choisi le compositeur pour sa musique ?