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Page:Revue des Deux Mondes - 1866 - tome 61.djvu/1061

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dire autant de la lutte entreprise par M. de Bismark contre la seconde chambre prussienne. M. de Bismark élève contre les droits de la représentation nationale une prétention que soutenaient en Angleterre les juges de Charles Ier, et que le long parlement a pour toujours anéantie. M. de Bismark rêve pour lui et pour la couronne de Prusse de hautes destinées ; comment concilie-t-il son ambition avec la mesquinerie pitoyable de sa politique intérieure ? Quel Allemand voudrait donner l’hégémonie à un état dont les institutions seraient à ce point mutilées ? quel Allemand n’aimerait pas mieux être le sujet du grand-duc de Bade ou du roi de Wurtemberg que d’appartenir à la Prusse que M. de Bismark cherche à faire ? On ne peut trop applaudir à la fermeté patiente avec laquelle la chambre prussienne résiste à ces provocations persécutrices et à ces assauts de l’absolutisme le plus repoussant, comme l’a dit si éloquemment M. Schulze-Delitsch, celui qui se cache sous le masque des formes constitutionnelles. e. forcade.



REVUE SCIENTIFIQUE.

LES LACUNES DU SYSTÈME SOLAIRE.

L’impatience fiévreuse avec laquelle la génération actuelle s’élance dans la voie du progrès et des découvertes, aborde des problèmes nettement posés d’avance et les résout d’emblée, cette noble impatience que le succès exalte au lieu de la calmer, nous la rencontrons dans toutes les branches de la science. La physique, la chimie, la physiologie, ont dû à l’élévation des théories générales qui les dominent, non moins qu’à la précision des expériences, leurs plus fécondes, leurs plus audacieuses découvertes. L’astronomie a suivi l’impulsion : le télescope ne lui suffit plus, elle a demandé à l’analyse mathématique un nouveau et plus puissant moyen d’investigation. Il est permis de parler aujourd’hui d’une astronomie de l’inconnu : des planètes que nul œil humain n’avait encore aperçues, des étoiles dont la faible lumière échappait aux regards des observateurs qui les rencontraient au bout de leurs lunettes, ont été devinées, dévoilées par le calcul. L’observation n’a eu qu’à donner à ces découvertes en quelque sorte métaphysiques la consécration solennelle qui les érige en faits acquis.

C’est une découverte de ce genre qui, depuis quelques années, occupe le monde savant, et l’occupe d’autant plus vivement qu’elle est fort contestée encore. Le télescope s’est montré moins complaisant cette.fois à vérifier les indications de la théorie. S’il y a, d’un côté, des témoins qui assurent avoir vu les objets célestes dont l’existence a été annoncée à priori par un astronome célèbre, il faut avouer, d’un autre côté, qu’une sorte d’évidence négative semble résulter des recherches infructueuses d’un grand nombre