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dépôts sédimentaires disposés dans le même ordre qu’en d’autres parties de la terre, avec cette remarque que les dernières couches sont souvent séparées par des lits de basalte, produit évident des éruptions volcaniques.

L’une des couches les plus anciennes, qui est formée de grès et de schistes à texture feuilletée comme l’ardoise, et que les géologues désignent sous le nom de terrain silurien, est le réceptacle spécial de l’or ; mais le métal précieux n’est pas disséminé dans sa masse. Il n’apparaît que là où les roches ont été bouleversées, soulevées ou fendillées par les éruptions. Par les fentes de ce terrain ou bien par les fissures qui le séparent des terrains plus anciens, surgissent des filons de quartz, — c’est-à-dire de cette roche dure et translucide vulgairement appelée pierre à fusil, — au sein desquels l’or est répandu en paillettes d’un jaune fauve caractéristique, paillettes quelquefois si ténues que l’on ne peut les distinguer à la vue et que l’analyse chimique peut seule en révéler la présence, mais quelquefois aussi, quoique rarement, en grains d’un volume assez considérable. Ces filons ou dikes, composés d’une matière très résistante, courent en lignes parallèles, toujours orientés du nord au sud, au-dessus du sol plus friable que les agens atmosphériques ont dégradé à leur pied.

Si l’or n’eût existé que dans les filons quartzeux dont il vient d’être question, on ne l’eût pas découvert si tôt, et l’exploitation en eût été moins active, car les minerais aurifères de cette sorte, cachés dans une gangue d’une dureté excessive, demandent un traitement spécial assez compliqué. Il fallait, pour le succès des mines d’or, que le métal se dévoilât sous une forme plus accessible.

Au milieu des sédimens plus ou moins récens qui recouvrent presque partout le terrain silurien, l’or s’épanouit en paillettes, en petits grains, quelquefois en fragmens très volumineux connus en Californie sous le nom de pépites et en Australie sous celui de nuggets. Ces couches, à stratification plus ou moins régulière, composées de sable, de graviers et d’argile, souvent agglutinées par un ciment siliceux, sont les débris des roches plus anciennes qui ont été dégradées, désintégrées par les agens atmosphériques, puis charriées par les eaux jusqu’à l’endroit qu’elles occupent aujourd’hui. C’est ce que l’on appelle des terrains d’alluvion. Pendant ce transport, les matières agitées par l’eau ont éprouvé une sorte de triage, suivant que les morceaux étaient plus ou moins volumineux, plus ou moins pesans, et l’or, qui a plus de densité que les détritus au milieu desquels il était confondu, s’est amassé peu à peu au fond du lit des anciennes rivières de cette époque