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par l’archipel des Larrons, par les Kouriles et le Kamtchatka, soit plus à l’Ouest par les Philippines, l’île Formose et le Japon. Ce double système de montagnes parallèles vient aboutir au détroit de Behring, où il se soude à la chaîne américaine. Ici encore les volcans sont nombreux, et les terrains aurifères s’y révèlent partout. En Australie, ils sont en pleine, exploitation, Dans la Nouvelle-Guinée, on sait, à n’en pouvoir douter, qu’il en existe. Les îles de la Malaisie exportent de l’or depuis de longues années, en petite quantité, il est vrai, ce qui tient sans doute à ce que les indigènes ne connaissent pas de bonnes méthodes d’exploitation. Enfin le Japon paraît en avoir toujours eu, plus qu’il ne lui en fallait pour ses besoins intérieurs. Il y a pour ainsi dire une guirlande de volcans et de terrains aurifères tout autour de l’Océan-Pacifique. Les champs d’or de la Victoria, loin d’être un phénomène accidentel dans la géologie du globe, se rattachent à un ensemble beaucoup plus étendu.

Quoiqu’il ne connût pas aussi bien que nous les connaissons maintenant le relief puissant des montagnes de l’Australie et la profondeur considérable du Pacifique, Humboldt avait saisi la corrélation que ces phénomènes géographiques ont entre eux, et il expliquait la configuration hypsométrique de cette moitié de la terre par une hypothèse ingénieuse. Suivant lui, l’espace entier qu’occupe aujourd’hui l’Océans-Pacifique aurait autrefois été à peu près de niveau, et se serait à un certain moment enfoncé en donnant naissance par contre-coup aux deux systèmes de montagnes qui le limitent, l’une à l’orient, l’autre à l’occident. Les matières en fusion qui composent le noyau central, étant soumises alors à une compression violente au-dessous de la partie affaissée, se seraient fait jour sur les bords à travers les fissures de ces nouvelles montagnes, et auraient donné lieu à autant de volcans qu’il y avait d’ouvertures par où elles pouvaient jaillir. Il est clair d’ailleurs que l’affaissement du sol du Pacifique et l’éjection simultanée de matières en fusion par les volcans des deux lignes collatérales de fracture ne se sont pas produits en entier en une seule fois. Il est plus probable qu’il y a eu plusieurs affaissemens successifs, à chacun desquels a correspondu une période d’activité des volcans dont on peut retrouver la trace dans les couches supérieures du sol. En effet, si l’on examine les terrains de diverse nature qui sont superposés et qui affleurent l’un après l’autre à mesure que l’on descend de la crête des montagnes jusqu’au niveau de la mer, on aperçoit au sommet les granits que l’on suppose être la substance même du noyau central du globe ; ensuite se présentent des roches plus ou moins altérées par le contact des matières en fusion, et enfin des