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efficaces en matière de finances. Je sais bien qu’il y a des gens qui s’inquiètent peu des finances, et qui prétendent que, si l’état est riche, il doit dépenser beaucoup, parce que, disent-ils, ses dépenses profitent à tout le monde, et qu’il est naturel que les dépenses d’un gouvernement soient en rapport avec la richesse publique. Cette théorie était surtout fort à la mode en 1852, alors que notre budget n’avait pas atteint les proportions énormes qu’il a aujourd’hui ; mais depuis que nous sommes en face d’un chiffre de 2 milliards 200 millions, qui a été le règlement de nos derniers budgets, en y comprenant toutes les dépenses qu’il a plu à une comptabilité nouvelle de diviser, on commence à réfléchir, et le système de la progression nécessaire des dépenses est abandonné. On voudrait maintenant des économies, toutes les commissions du budget en demandent, et le développement de la richesse publique n’est plus invoqué que comme une circonstance atténuante pour cette progression des dépenses.

Malheureusement, s’il est admis en France maintenant par tout le monde qu’il faut des économies, il est parfaitement reconnu aussi qu’on ne peut pas arriver à en faire, et que les plus belles promesses, les plus sérieux engagemens, — et Dieu sait s’il y en a eu depuis quelques années ! — restent stériles. Eh bien ! on pourrait démontrer que, par ce côté-là du moins, les institutions politiques de l’Angleterre ont un avantage, sur les noires, puisque, grâce à leur influence, les économies, que nous ne pouvons pas réaliser chez. nous, on les réalise en Angleterre chaque année, et sur l’échelle la plus large.

I

Tous ceux qui suivent avec intérêt l’étude des questions financières se rappellent encore l’enthousiasme (le mot n’est pas trop fort) avec lequel fut accueilli le dernier budget présenté par le chancelier de l’échiquier, M. Gladstone, pour l’année 1864 et 1865, et cela presque au moment où notre situation financière était l’objet des critiques les plus sérieuses de la part d’orateurs tels que MM. Thiers et Berryer. C’est qu’en effet la différence était grande : M. Gladstone venait dire que le budget de 1863-64, évalué en dépensés à 68,283,000 liv. sterl., n’avait atteint que 67,056,000 liv. sterling, réalisant ainsi une économie de 1 million 1/4 de liv. sterl. sur les prévisions, tandis que le budget des recettes s’était élevé à 70,208,000 liv. sterl. avec un excédant de 3,152,000 liv., soit près de 80 millions. Chez nous au contraire, il avait fallu ajouter aux évaluations primitives de ce même budget de 1863 222 millions,. de crédits supplémentaires, et, malgré les ressources extraordinaires