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Page:Revue des Deux Mondes - 1863 - tome 47.djvu/733

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publique est celle du 31 juillet 1862, qui a établi les bases principales du régime uniforme des universités italiennes.

Le lecteur a pu comprendre, par ces indications indispensables, quel est dans les diverses parties du royaume italien l’état des institutions scolaires. Quelles sont maintenant les réformes à tenter? Ici nous sommes obligé d’entrer dans quelques chiffres, et c’est vis-à-vis du parlement italien qu’il faut en quelque sorte se placer pour examiner les questions administratives que soulèvent ces réformes. Le budget de l’instruction publique en Italie pour l’exercice 1863, — budget présenté par nous-même à la chambre des députés, — sera notre guide dans l’étude et le classement de ces diverses questions.


III

La dépense nécessitée par l’instruction publique, qui n’était que de 5,847,009 francs pour tous les états de l’Italie en 1858, et dont le Piémont supportait le tiers, s’est élevée dans le budget pour 1863 à 16,128,078 francs : cet excédant, faible d’ailleurs, sur la dépense de l’année précédente s’expliquait principalement par l’application de la loi du 31 juillet 1862, qui avait élevé les appointemens des professeurs à 4, 5 et jusqu’à 6,000 francs suivant les universités et les années de service. Le fait qui frappe d’abord, c’est que la somme dépensée en Italie pour l’instruction publique surpasse, si on compare les populations respectives, la dépense que font la France et la Prusse pour le même service. En effet, en Prusse, le budget de l’instruction publique est de 12 millions 1/2 ; il est en France de 23 millions, dont 17 à peu près forment la dépense supportée par l’état. Pour que les comparaisons fussent entièrement exactes, il faudrait pourtant ajouter au budget français les fonds consacrés à l’Institut, aux beaux-arts et à certaines écoles spéciales qui figurent dans le budget du ministère d’état et de celui des travaux publics. Ce qu’il importe surtout de corriger dans le budget de l’instruction en Italie, ce qui en forme le vice principal, c’est la mauvaise répartition de la dépense totale entre les différentes branches de cette administration et la faiblesse des recettes qu’amène l’exigüité excessive des rétributions universitaires. Nous arriverons facilement à prouver ces vérités par l’analyse même des chapitres principaux du budget, qui comprennent l’administration proprement dite, — les universités, les établissemens d’instruction supérieure et les écoles spéciales, — les beaux-arts, — l’instruction secondaire, — les écoles normales primaires et l’instruction élémentaire.

Sous le titre d’administration, on entend à peu près en Italie