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Page:Revue des Deux Mondes - 1863 - tome 47.djvu/534

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UN
REVEIL LIBERAL
EN PROVINCE

Paris n’a que trop l’habitude de se regarder comme l’arbitre de la France entière, et cette disposition est fort secondée par le plaisir de vanité qu’éprouve la France à se contempler elle-même dans ce miroir resplendissant. C’est là dans notre histoire un fait ancien qui a exercé une influence souvent remarquée sur le cours de nos révolutions. A en juger par l’apparence, les derniers incidens électoraux ne seraient pas faits pour interrompre cette tradition L’éclat de certains noms, l’unanimité et la force d’une démonstration inattendue, tout, jusqu’aux efforts de la résistance, s’est réuni pour donner aux dix élections de Paris une importance que toutes celles de France mises ensemble auraient peine à balancer. Si, comme il faut bien l’espérer, une sérieuse renaissance de l’esprit de liberté doit dater parmi nous du mois de juin 1863, ce sera Paris cette fois encore qui en aura donné le signal, et qui paraîtra décider une fois de plus de la destinée de la France.

Il serait fâcheux cependant, pour plus d’un motif, que cette impression fût seule écoutée, et que la situation nouvelle dont les élections de 1863 sont le point de départ conservât ainsi un caractère exclusivement parisien. Si Paris, grâce à cette liberté de mouvement qu’aucune entrave administrative ne peut enlever tout à fait à une grande ville, a eu l’avantage de faire prévaloir dans les élections son vœu tout entier, il serait injuste d’oublier que plusieurs villes, plusieurs départemens même, avec moins de succès sans doute, mais à travers plus de difficultés, ont rendu les mêmes combats.