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Page:Revue des Deux Mondes - 1863 - tome 47.djvu/394

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l’auteur telle part que l’on voudra, on sent qu’il y a dans ce chapitre In memoriam des traits pris dans la nature, et on ne peut se défendre d’un certain trouble en voyant au moyen de quel alliage impur s’obtient parfois le calme devant la mort.

Nous n’avons guère trouvé dans le livre de M. Home qu’un détail incessant de pratiques surnaturelles. S’il pense à les grouper tant bien que mal autour d’un centre commun, il n’a point souci d’établir une doctrine. M. Home n’est qu’un praticien; mais nous allons rencontrer une théorie des esprits dans M. Allan Kardec. M. Kardec écrit beaucoup, et il est le grand patron de tout un genre de littérature. S’il fallait lire, pour se rendre compte de son entreprise, les divers volumes qu’il a publiés, le Livre des Esprits, le Livre des Médiums, les Réfutations des Critiques contre le Spiritisme, les Voix du Monde invisible, surtout la Revue spirite, ce serait une grosse affaire. Heureusement M. Kardec nous a donné, dans une brochure intitulée Qu’est-ce que le Spiritisme? un résumé de sa doctrine. Ce petit livre affecte une forme élémentaire, et s’adresse aux novices, aux débutans, à ceux qui désirent être initiés. Dans quelques entretiens familiers, M. Kardec démontre à un visiteur supposé l’utilité de son œuvre, et combat les objections qu’il rencontre le plus ordinairement dans le public. Il donne ensuite les principes de sa théorie sous forme d’articles numérotés pour le soulagement de la mémoire et la facilité de la discussion. Dans une troisième partie, il aborde les principales questions qui ont occupé de tout temps l’humanité, et montre comment le spiritisme fournit pour tous ces grands problèmes des solutions commodes et expédientes, alors que tous les philosophes y ont perdu leur métaphysique.

De fait, ce petit livre ne manque point d’intérêt, et il offre un genre tout particulier d’utilité que l’auteur n’a point cherché. On y trouve une parodie vraiment instructive de l’effort que tant de cerveaux ont fait pour convertir en réalités leurs imaginations. On y surprend dans leur naïve bonhomie ces procédés d’explications qui n’expliquent rien, et qui, mieux déguisés ailleurs, affectant dans des systèmes en renom des allures transcendantes, n’en aboutissent pas moins à des tautologies. Il nous semble enfin qu’un exposé rapide de la doctrine spirite est de nature à rendre bien des faiseurs de systèmes moins présomptueux dans leurs visées, plus sévères sur le choix de leurs argumens, plus prudens dans leurs créations, moins tranchans sur les privilèges et les immunités des conceptions spirituelles. Nous n’avons pas besoin d’ajouter d’ailleurs que toutes les indications qui vont suivre sont scrupuleusement tirées de la brochure Qu’est-ce que le Spiritisme?

Il y a dans l’homme trois parties essentielles : d’abord l’âme ou esprit, principe intelligent en qui résident la pensée, la volonté et