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Page:Revue des Deux Mondes - 1863 - tome 47.djvu/184

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Non vraiment; dans des limites plus restreintes, elle a ses avantages. Comme toutes les sciences, elle gagne en précision à mesure qu’elle rétrécit le champ de ses observations. C’est ce qui caractérise les travaux qu’il reste à examiner.


II.

Les étoiles filantes ont-elles quelque connexion avec la pluie et le beau temps? Pour en décider, il faudrait d’abord savoir ce que sont ces météores ignés qui par les belles nuits sillonnent la voûte du ciel. Longtemps les étoiles filantes se sont dérobées à l’observation. Fugaces et irrégulières, elles étaient pour l’astronome une exception au milieu du monde admirablement réglé des étoiles fixes. On ne pouvait les étudier avec le télescope, en mesurer le diamètre ou la distance; elles échappaient aux procédés habituels d’observation de même qu’aux lois immuables et inflexibles de la pondération.

Les savans s’accordent à confondre sous le nom général de bolides ou étoiles filantes trois phénomènes, qui pourraient au premier aspect passer pour différens. Ce sont les aérolithes ou pierres météoriques, qui tombent du ciel et que l’on retrouve quelquefois à la surface de la terre; les globes enflammés, plus gros que les étoiles fixes, qui illuminent plus ou moins l’horizon, éclatent en fragmens et disparaissent, en laissant une longue traînée de feu; enfin les étoiles filantes proprement dites, que tout le monde connaît, que chacun a observées avec curiosité pendant les belles nuits d’été. Les aérolithes et les globes enflammés sont très rares; les étoiles filantes sont au contraire très fréquentes et, chaque fois que le ciel est clair, apparaissent dans tous les pays en nombre considérable. On admet assez volontiers que les aérolithes sont des étoiles filantes qui tombent sur la terre, et que les bolides sont des aérolithes dont on ne retrouve pas la trace, en sorte que ces trois météores auraient une origine commune. Les auteurs anciens nous ont conservé le souvenir de quelques pierres tombées du ciel. Au temps d’Anaxagore, une pierre noirâtre, de la dimension d’un char, était tombée près du fleuve Ægos-Potamos, en Thrace. Pline avait assisté lui-même à la chute d’une pierre de même nature dans la Gaule narbonnaise. Le fait était trop remarquable pour ne pas prêter à la superstition; aussi les aérolithes reçurent souvent les honneurs divins et furent acceptés comme une personnification du soleil, auquel on en reportait l’origine. Cependant la chute de pierres météoriques paraissait tellement extraordinaire que les savans se refusèrent longtemps à en admettre l’existence. Les témoignages authentiques étaient rares