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Page:Revue des Deux Mondes - 1863 - tome 45.djvu/77

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LE JAPON
DEPUIS L'OUVERTURE DE SES PORTS

LE GOUVERNEMENT DE YEDO, LES PRINCES JAPONAIS ET LES EUROPEENS AU JAPON.

L’intérêt que porte l’Europe à l’extrême Orient s’est accru singulièrement depuis quelques années. Il y a un quart de siècle, la Chine et le Japon nous étaient à peu près inconnus. On possédait alors sur ces vastes et riches contrées des récits de voyageurs et des lettres de missionnaires qu’on lisait aux heures de loisir, par désœuvrement, sans y attacher une attention bien sérieuse ou même sans, y donner une croyance entière. À part quelques rares savans, personne ne se souciait beaucoup de ce qui se passait dans ce monde lointain. C’est que jusqu’au commencement de ce siècle les intérêts matériels de l’extrême Orient se trouvaient complètement séparés des nôtres ; aucun lien ne les unissait, aucun besoin ne les rapprochait encore. Il existait sans doute des relations commerciales entre la Chine et l’Angleterre, et, depuis une époque assez ancienne, entre le Japon et la Hollande ; mais elles étaient irrégulières et sans importance. Le grand, l’unique intérêt qui appela jusqu’à nos jours l’attention de l’Europe sur la Chine et le Japon, ce fut l’étude trop souvent stérile de la religion, des. mœurs et de la littérature des deux empires.

La navigation à vapeur a changé complètement la situation de l’Europe vis-à-vis des sociétés de l’extrême Orient ; elle nous a en quelque sorte placés aux portes de cette grande et mystérieuse région.