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Page:Revue des Deux Mondes - 1863 - tome 45.djvu/757

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LE BRESIL
ET LA SOCIETE BRESILIENNE
MOEURS ET PAYSAGES

II.
LA FAZENDA.

Passer du rancho à la fazenda, c’est entrer en pleine vie créole après avoir traversé les misères de la vie sauvage. Que le voyageur qui veut connaître à fond les mœurs brésiliennes ne redoute donc pas quelques fatigues ; qu’il renonce à observer à Bahia ou à Rio-Janeiro une civilisation peu différente de celle de Lisbonne. S’il veut se sentir vraiment au Brésil, qu’il enfourche bravement une mule, affronte les picadas (sentiers) des forêts vierges, et cherche les créoles là où se sont conservées intactes les vieilles coutumes, dans une fazenda.


I

Qu’est-ce que la fazenda ? C’est une vaste étendue de terrains plantés de cannes à sucre ou de cafiers, et dont le centre est occupé par un grand rectangle de bâtisses blanches. Le côté réservé au maître, au senhor, s’annonce par une architecture régulière et un perron. Les poutres qui soutiennent la toiture, s’avançant de quelques pieds au-delà du mur extérieur, forment du côté du nord une varanda qui permet au fazendeiro de voir, à l’abri du soleil et de la