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d’après lequel toute la chaleur de la combustion devait se retrouver au dehors.

Voilà pour l’état de repos. Mais quand l’homme exécute un travail, les choses se passent-elles de même ? — M. Hirn enferma encore son sujet dans la chambrette d’expérimentation et lui donna pour travail d’élever sans cesse son propre corps sur une roue à échelons, qui tournait de manière qu’il n’eût point à changer réellement de place. Il est clair d’une part que l’homme produit également un travail s’il déplace une masse étrangère, ou s’il déplace sa propre masse en prenant un point d’appui à l’extérieur ; l’on comprend d’un autre côté qu’en soulevant sans cesse sa propre charge sur cette espèce d’escalier mobile, le sujet, au point de vue de la mécanique, produisait le même effet que s’il eût gravi un escalier fixe. Dans ces conditions, M. Hirn trouva que pour 1 gramme d’oxygène brûlé il n’était plus émis dans l’enceinte que 2 calories 1/2 environ. Ainsi dans ce cas l’action respiratoire de l’homme est représentée par une moindre quantité de chaleur en raison du travail dû à l’ascension sur la roue. Les deux quantités se complètent : ce qui manque en chaleur se retrouve en travail. Le fait n’a plus rien qui puisse nous étonner, et il y aurait eu au contraire de quoi nous surprendre si la production d’un effet mécanique n’avait pas diminué la manifestation des effets calorifiques. M. Hirn montre ainsi que tous les efforts extérieurs que l’homme exerce viennent en déduction de la chaleur qu’il dégage ; mais s’il a su mettre le phénomène en évidence, les conditions de son expérience étaient trop complexes, les corrections à faire à ses diverses données trop délicates pour qu’il pût avec quelque exactitude apprécier numériquement la conversion de la chaleur en travail. M. Hirn annonce d’ailleurs, dans son nouveau mémoire publié l’an dernier, qu’il recommence les mêmes recherches dans de meilleures conditions.

M. Béclard a pris pour point de départ l’étude de la contraction musculaire et a observé pendant plusieurs années les phénomènes qui s’y rapportent.

On savait depuis longtemps que la contraction d’un muscle dégage de la chaleur, parce qu’elle est accompagnée d’une action chimique, d’une absorption d’oxygène. Alexandre de Humboldt avait autrefois signalé ce fait, auquel il avait été amené par induction, sans pouvoir d’ailleurs le vérifier. MM. George Liebig et Helmholtz avaient plus tard repris cette opinion. Enfin M. Matteucci avait directement démontré l’absorption de l’oxygène en employant des muscles de grenouilles. Prenant quelques trains de derrière de grenouilles préparés, il en plaçait un certain poids dans un flacon et un même poids dans un second vase. Il faisait contracter les uns et