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Page:Revue des Deux Mondes - 1863 - tome 45.djvu/474

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tous les élémens d’une grande opinion libérale, dans laquelle peuvent s’unir et se concilier toutes les convictions généreuses. Le but poursuivi par cette opinion libérale est celui-là même que l’empereur a montré au pays, comme le rappelle M. Lefèvre-Pontalis avec une fermeté qui mérite d’être applaudie. « Ne laissez pas la députation devenir une sinécure ou une place de faveur. En nous promettant le couronnement de son édifice par la liberté, l’empereur nous a invités, pour l’obtenir, à savoir compter sur nous-mêmes. Ne restez pas en arrière du souverain, et n’oubliez pas que, pour quiconque se connaît en constructions, un édifice qui, une fois bâti, ne serait pas couronné finirait tôt ou tard par menacer ruine. » Nous n’hésiterions pas à demander à M. de Persigny lui-même s’il reconnaît là le langage des factions, et non la voix du patriotisme et du bon sens.

Il nous serait impossible d’encourager ici nominativement tous ceux qui en ce moment sont occupés à relever bravement le drapeau de la liberté, qui s’efforcent de communiquer à notre chère France la chaleur d’une généreuse émotion, qui veulent intéresser son orgueil à penser un peu à elle et à se diriger elle-même, qui travaillent à lui inspirer le noble égoïsme des réformes intérieures. Chez ces hommes, de quelque part qu’ils viennent, nous voyons non des débris du passé, mais les précurseurs d’un grand avenir. Nous ne pouvons les nommer tous ici : il en est cependant qui nous touchent de trop près pour que nous puissions les passer sous silence. M. de Rémusat se présente dans le département de la Haute-Garonne, et ses chances de succès paraissent grandes. M. de Rémusat est le vivant emblème du libéralisme le plus élevé, le plus conciliant et le plus ferme. Son élection serait un succès non-seulement en France, mais en Europe pour tous les libéraux qui accompagnent de leurs sympathies un esprit si ouvert et si clairvoyant uni à un caractère si aimable. Le département de la Haute-Garonne se fera grand honneur, s’il donne ou, pour mieux dire, s’il rend à la France un tel représentant. M. Jules de Lasteyrie, qui perpétue dans son département la popularité de son illustre grand-père, le général Lafayette, vient de poser sa candidature dans Seine-et-Marne. Sa circulaire est une de celles où sont exprimées avec le plus viril bon sens les revendications légitimes de l’opinion libérale. M. le duc Decazes se présente à Libourne sous le patronage des idées qui s’associent naturellement à son nom. Une des candidatures qui nous paraissent devoir exciter le plus d’intérêt est celle de M. Casimir Perier à Grenoble. M. Perier conduit sa candidature avec une application et une vigueur qui sont malheureusement trop rares parmi nous, et qui font souvenir de l’énergie civique de son illustre père. La circulaire de M. Perier est ferme, pratique, franche, et doit parler au cœur des Dauphinois. Elle est datée de Vizille. C’est un beau privilège que de pouvoir associer ainsi aux actes de sa vie publique un nom auquel est resté attaché un des plus nobles souvenirs de la révolution française. M. Perier use dignement de ce privilège. « Le nom seul